9/15/2008

GOMORRA (Gomorrha)

Publié par E. |


Italie.
Et aussi Mateo Garrone (L’étrange Monsieur Peppino).
Mais c’est, et surtout, le Grand Prix Cannes 2008.
Un très grand film (et oui je cautionne Cannes sur ce coup). Adapté du best-seller de Roberto Saviano (tenu aujourd’hui sous protection policière...).

Plusieurs desseins vous y seront contés avec un réalisme troublant. En condensé : Gomorrhe aux mains de la Camorra. Pluies de feu et de sang dont le Dieu local de Naples et de la Campanie ne se rassasie jamais. On végète dans cette Italie incertaine et difficilement identifiable à travers des personnages attachants, vierges, perdus, choqués, violés, violents, complexes, monogames – du tout et du rien - une véritable fresque de rapports humain d’une animosité exacerbée et écrasante. Caméra à l’épaule, on vit les scènes et on peut sentir le souffle de chacun des personnages qu’ils soient apeurés, choqués ou débridés.

Le tout se mêle avec une inquiétante maîtrise : les destins s’entrecroisent et c’est réellement bien monté. Ainsi aurons nous la chance de pouvoir vivre l’intronisation glaçante d’un gamin dans un des clans (et l’inévitable effet de groupe assassin et fascisant) ; l’odeur de la peur de la mort interprétée par le médisant putride Ciro (et ça suinte fort) ; l’innocente naïveté perdue et grisée par le sang (des caïds aux faciès inoubliables) ; le mythe du ramassage des ordures mafieux et son immense dégoût à ne pas vouloir y croire ; et une guerre et règlements de compte où le nombre de morts (tout comme leur identité) ne signifie plus grand chose. La Camorra (plutôt dénommé par les affiliés : Système(s)) nous est dépeinte sous un angle qui suppure le danger. On en vient même à craindre pour le réalisateur tellement le message est vide de démagogie.

Les acteurs sentent le local à plein et la mise en scène ne s’exulte jamais dans un schéma caricatural. On reste les pieds sur terre et c’est – paradoxalement - ce qui nous noie.

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C.

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