2/07/2009

L'immeuble Yacubian

Publié par Ale |




L'Egypte comme on ne l'a jamais vu au cinéma...Oubliez les pyramides,voici le monument Yacoubian.


Hamed brosse un portrait sans tabou de la société égyptienne à travers les différents habitants de l'immeuble. Les thèmes dégagés foisonnent :la corruption qui touche tous les domaines de société,la décadence du pays depuis Nasser (avec le rôle principal du pacha , nostalgique du règne de farouk et des chansons d'edith piafs de cette époque) ,l'alcoolisme mondain , la frustration sexuelle ,l'homosexualité ...L'immeuble ,vacherin du XIX ème siècle ,construit lors de la colonisation britannique devient au fil des ans taudis...On se rend compte de l'impasse des jeunes pour s'en sortir et l'attrait de l'islamisme: véritable filet à maillons très fins..Les dirigeants egyptiens en plus d' être pourris usent de méthodes barbares pour les museler .(la haine entre le régime militaire et les islamistes est toujours d'actualité ,confère la fermeture de la frontière palestinienne par les egyptiens pour eviter de grossir les rangs des freres musulmans).





Alors voilà ,le film est un constat d'échecs et d'impuissance. Comment l'Egypte si belle à l'époque des pachas en est-elle arrivée là? Alaa El Aswany (auteur du livre l'immeuble Yacoubian,support du film) paraît desabusé :les jeunes n'ont plus d'attaches et rèvent d'évasion, trop de corruption , trop d'inégalités et d'abus...

L'immeuble yacoubian est un regard critique, sévère et très lucide sur le monde Cairote. Il nous fait comprendre bien des choses. Un très grand moment de vérité, à quand un film sur un immeuble décati de saint germain des près?

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2/07/2009

99F

Publié par C. |


Après nous avoir émoustillé les récepteurs optiques immatures de l’époque avec Dobermann, et après s’être égaré dans le trip chaman du Blueberry, Jan Kounen change de chevalier et troque un Cassel contre un Dujardin pour l’adaptation de 99F, tiré du roman original de Beigbeder. Plusieurs noms ont été pressentis pour la réalisation de cette adaptation et notamment l’auteur lui-même (mais aussi Antoine de Caunes et Kassovitz). J’aurais été bien curieux de voir la version Kassovitz ! Jan Kounen connaît très bien le milieu de la publicité puisqu’ayant lui même réalisé plusieurs court-métrages pour cet empire putride mal connu qu’incarne la publicité.


Car c’est de ça dont il s’agit : une satire ironique voire plutôt cynique et surtout extrême de la publicité. Et plus largement de la société de consommation. On la vit et l’alimente quotidiennement sans pour autant la remarquer. Elle définit un courant d’air fade qui pourtant est respiré et traversé par le monde entier. L’accoutumance est universelle. La critique est tantôt violente, tantôt guillerette ; elle est tantôt légère, tantôt trasho-scato ; mais dans un soucis de cohérence originale planante et psychédélique qui lisse joliment l’instrument.

Jean Dujardin incarne donc (avec talent – et prise de risque pour les fans inconditionnels de ses prestations télévisuelles, ça dénote…) Octave Parango un rédacteur publicitaire de « La Ross », empire très caricaturé dans un trash-core plaisant et décalé. Œuvre autobiographique ? Probablement pour Beigbeder adepte de la bonne défonce (s’est fait pécho sur son capot d’caisse en plein assaut de rail de blow !) qui fait d’ailleurs un joli clin d’œil animé à Fear&Loathing in Las Vegas

Donc Octave dans une extravagance assurément confortable, est projeté violemment face à sa réalité vomitive suite à une rencontre sexo-romantique de la belle stagiaire de "La Ross". On le missionne dans le même temps de la réalisation d'un spot sensuel au yaourt nature pour écouler du jus blanc à coup de dizaine de millier de tonnes.



On assiste donc à du gore, peut être parfois poussé à son paroxysme dans la limite du crédible mais on apprécie la réalisation futuro-clipique enrôlée par un Dujardin plutôt bankable.

De l'originalité dans un marketing doppé à la blanche au jus plutôt moderno-trash.


2/04/2009

Le bal des actrices

Publié par Bénédicte |


J'avais très envie d'aller voir ce film, sachant que c'était un "documentaire" sur des actrices.
C'est un peu ça et en même temps, on pourrait dire que c'est plus largement un film sur les femmes. Maïwenn aborde des concepts fondamentaux, sans en avoir l'air.
J'ai beaucoup aimé le jeu des différentes actrices. On a vraiment l'impression que tout est vrai, qu'il n'y a pas de scénario, que les actrices se dévoilent à la caméra de Maïwenn, très naturellement, très simplement. Et si elles sont réticentes, elles expliquent pourquoi.
Ce n'est pas du tout un film féministe. Mais à travers ce "documentaire", je serai tentée d'analyser la condition féminine au XXI siècle. Et finalement, à les voir toutes pleurer, rien n'est gagné ! La vie d'une femme, même actrice, est loin d'être facile à gérer.
Bref, j'ai beaucoup aimé ce film. de façon simple. et j'ai aussi bien ri ! sans moquerie, avec humour...
Et les hommes sont présents dans le film, et en plus, ils ont le bon rôle ! Et je pense que dans beaucoup de familles, cela se passe comme cela. les femmes n'ont guère le choix... Mais à 2, tout est plus facile !

2/01/2009

Bad Times

Publié par E. |

Bad Times fait partie de ces films qui ne donnent pas envie d'être vus, ceux qui ne nous évoquent rien sauf peut-être de l'insignifiance. Je n'avais pas d'autres a priori que celui-ci. Car si je n'ai pas apprécié les deux derniers Batman, je dois admettre que Christian Bale sais "habiter" ses rôles lorsqu'ils s'y prêtent.

Il campe ici un personnage marginal, socialement instable. Et pas que. Ancien para marqué par une expérience particulièrement violente de la guerre, il décide de prospecter pour trouver un job dans le corps policier. Il sera malheureusement recalé aux tests psychologiques...

Mais Bad times n'est pas ce genre de film dramatique. Et Christian Bale n'est pas le seul à crever l'écran. C'est le couple formé avec Freddy Rodriguez que le spectateur est amené à suivre pendant le temps du long métrage. Une vieille amitié entre les deux hommes qui se retrouvent pour faire la fête et profiter des journées entières du temps qui passent, buvant des bières et fumant quelques joints entre deux entretiens d'embauches.

Le scénario répond à tous les codes du genre. Le genre crescendo où l'on attend la chute tout le long de la projection. Une attente qui sera comblée par un événement qui surprend malgré tout.

Le jeu des acteurs, je l'ai dit est assez remarquable et on se délecte de ce Christian Bale totalement déjanté et post-gonflé de muscles (de Batman) qui lui donnent un charisme collant parfaitement au personnage. L'ensemble est plus que jouissif!
Bad times est LA bonne surprise du moment (film sorti en 2007, mieux vaut tard que jamais).

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1/27/2009

Les noces rebelles

Publié par Anonyme |



Le fait d'avoir réuni au cinéma les naufragés du Titanic 11ans après la tragédie m'a autant conquis que d'apprendre la sortie d'une 2ème volet des Transformers.
Malheureusement le titre en francais "Les noces rebelles" n'est pas plus évocateur pour le gaillard trapu qui boit de la bière et qui ne pleure jamais. Et puis voilà, dimanche soir on consulte le programme ciné, entre 2 comédies françaises et un nanard hollywoodien, on se dit qu'en VO, Revolutionary road, pourrait être la bonne surprise de la semaine...


Dans l'Amérique des années 50, les Wheeler, petit couple modèle de la banlieue, sont persuadés qu'ils sont différents, promis à un grand avenir. Ils ne se mouleront jamais aux conventions sociales, et ne tomberont pas dans la routine qui nous guette tous. Pourtant un jour, ils deviennent absolument ce qu'ils ne voulaient pas être : Frank occupe un poste sans intérêt et April devient cette femme au foyer pour qui s'occuper de ses poupons ne suffit plus. Elle décide donc pour renverser la vapeur (il n'est jamais trop tard...) d'aller habiter à Paris, ultime plan pour changer de vie et tout recommencer...


Le réalisateur Sam Mendes qui s'est déjà illustré avec American beauty et les sentiers de la perdition, ne tombe pas dans l'opération marketing en affichant DiCaprio et Winslet, et ne nous livre pas un mélodrame mercantile. Donc oui, première victoire car les retrouvailles sont vraiment à la hauteur. Les acteurs prennent pleinement possession de leurs rôles et nous livrent une interprétation qui tend à sublimer le film, bluffant. J'ajoute une mention spéciale pour Michael Shannon révélé dans Bug par William Friedkin, qui joue un fils de bonne famille sorti tout droit d'un asile psychiatrique...



A défaut d'être inédit, le sujet traité est idéal. A graviter autour des mensonges et des désirs du couple, le regard de Sam Mendes explore très justement l'hypocrisie de notre société, la façon que l'on a à se fondre dans un idéal que les autres modèlent pour nous en oubliant peut être le plus important, nos ambitions et nos envies. Pour autant le trait n'est jamais forcé, et même si la mise en scène reste très classique, la tristesse qui transpire du propos fait de Revolutionary road un film déchirant et ce jusqu'au plan final qui suffirait à lui seul pour résumer la tragédie, notre tragédie...


On sort de la salle hanté par le malaise qui s'en dégage, et ce sentiment va accompagner nos pensées un bon moment !


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Mikado



1/23/2009

Norway of life

Publié par Ale |


Norway of life, no way of life ou la dénonciation du bonheur sans saveur..vaste programme!

Il est jeune, norvégien et beau garcon. Fraichement débarqué dans une une ville , il est employé « cash ». Son bureau et les différents accessoires sont high tech, une plante verte égaye même la pièce. Rapidement il sympathise avec ses collègues (le principal thème de conversation étant le design), il trouve même une compagne et une maitresse(!). Les rues sont très propres (les balayeurs passent à l'écran au moins une quinzaine de fois) . Ainsi , tout est au mieux.

Et pourtant Andreas éprouve un manque , « plus rien n'a de gout »: la société dans laquelle il vit apparaît aseptisée , le fait même de coucher devient purement mécanique. Le design étant toujours la pierre angulaire des dialogues. Il décide enfin de se prendre en main et de quelle manière..


Voilà en quelques lignes la première partie de norway of life, regard critique et drole sur le modèle norvégien (recours au comique de l'absurde, décrit magnifiquement bien l'artificiel des relations amoureuses notamment).Le film aurait été très bon s'il s'était arrété là mais voilà il continue et dégénère.. Le réalisateur décide en effet de mettre en scène la contre attaque sans pitié de la société norvégienne.

Le film devient alors gore (!!) (on sature vite..) et excessif ,les propos tenus apparaissent peu crédibles. Il n'est plus qu'une longue disgression,les arrêts sur l'image sont nombreux :sans grand intérêt, le rythme jusque la bon n'existe plus.Le film traine en longueur et c'est terrible. Seuls les plus tortueux d'entre nous apprécieront..





Il est donc difficile de s'approprier le film. On ressort un peu hagard ne sachant que trop penser de l'ensemble. Norway of life est en tout cas une fiction très particuliere et dérangeante. Ainsi ,amis curieux et névrosés, précipitez vous , autres dépressifs s'abstenir.

A noter : En plus de ses prix à Gérardmer, Norway of Life a remporté le Prix ACID en mai 2006 à Cannes. Le film s'est également vu décerner trois Amanda Awards (l'équivalent norvégien de nos César) : Meilleur acteur, Meilleur réalisateur et Meilleur scénario. Realisation de Jens Lien.

Ale







1/19/2009

Slumdog Millionnaire

Publié par E. |

Aujourd'hui, c'est Alex. qui pousse les portes du Dojo avec ce petit billet très réussi sur le dernier film de Danny Boyle. Bonne lecture à tous.


Instinctivement, le thème choisi célèbre jeux « qui veut gagner des millions? » dessert plus le film qu'il ne le sert. C'est tout le contraire.


L'histoire est en effet peu banale : la vie de Jemaal nous est racontée à travers les questions du jeu télévisé (véritable récit initiatique), ce qui permet au réalisateur d'aborder de très nombreux thèmes relatifs à l'Inde ( les pauvres très pauvres/ les riches corrompus, le dynamisme de Mumbai/la solitude du personnage , visite du taj Mahal!/celle des bidonvilles..)et d'imposer au film un rythme soutenu (deux heures de projection , aucune longueur).


On en prend plein la vue, le dynamisme indien boosté par une musique électro-traditionnelle (!) est retranscrit à merveille. Un Temps d'adaptation est peut être necessaire tellement la mise en scène est sujet à donner le tournis..! L'inde « nouveau centre du monde » prend par ailleurs toute sa signification : regard critique sur le monde de la téléphonie par exemple, flash sur les nouveaux quartiers d'affaires.. Seul Jemaal, amoureux mais réfléchi , sert de point d'ancrage au milieu de cette folie !(acteur au au top, membre de la série skins il me semble..). Enfin la religion est absente. ça fait du bien par les temps qui courent.


On rit beaucoup et ce n'est pas pour nous déplaire. Latika est en plus superbe... Que de raisons pour aller voir cette découverte au cinéma! Boyle a travaillé avec une équipe locale ce qui rend le film crédible est pas du tout surfait ! (pas de mise en scène artificielle de la vie quotidienne des indiens). On peut de cette facon penser que Slumdog fait un clin d'oeil au célèbre film sur les favellas au Bresil La cité de Dieu. Mais l'analogie est relative , la palette de Slumbog apparaît bien plus large et encore plus captivante.



La dernière partie du film est émouvante, le film sincère. On quitte la salle avec un sentiment d'euphorie ,une envie de « bouger », de bien faire.

Bref, c'est du lourd.

Alex.

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1/18/2009

Sept Vies

Publié par E. |

Que nous vaut ce dernier film qui, comme beaucoup d'autres, porte Will Smith en tête d'affiche sans ménagement? Pourquoi faire compliquer quand on peut faire simple. Mais plus qu'une affiche à la commercialité racoleuse, c'est une affiche qui fait avant tout le choix de la sobriété, à l'image du long-métrage.

Sept Vies est un drame... et une belle histoire. Mais ce n'est pas la trame de l'histoire qui marque ici, c'est bien la mise en scène. Une technique scénaristique élaborée qui se réalise dans la retenue et la finesse. La caméra est votre oeil et vous suivez un homme qui semble marqué par la vie, une vie qu'il mène étrangement depuis que vous l'observez.

Rien ne vous sera révélé ni sur son vécu (sauf quelques bribes), ni même sur les raisons de ses actes. Bien sûr, il sera aisé au spectateur de trouver son chemin dans ce petit brouillard, que l'on trouvera bien gentillet dans un premier temps.


Et alors que les enjeux de l'histoire sont acquis sans avoir jamais été dévoilés, le temps semble s'allonger tant la réalisation est précieuse. On se réfugie donc dans le jeu de Will Smith qui fait ici des prouesses expressives avec son visage. Un jeu qui privilégie l'expression corporelle et autorise des silences bavards et non avares de sentiments, cela va sans dire.

Un ensemble construit harmonieusement autour d'un leitmotiv: l'Art de suggérer. "Il n'y a pas de mots" pour dire certaines choses. La preuve en images.

Alors d'accord, outre ces suggestions ou cette subtile réalisation, l'on peut rester dubitatif sur l'intérêt du film. Et croyez-moi, j'ai fait parti de ceux, perplexes, qui se repositionnent dans leur siège sans cesse, énervé par l'utilité que pouvait bien m'apporter ce film plutôt sentimental...



Ces questions, je me les suis posées jusqu'à la fin. Ou pour être honnête, un peu avant la fin. Car les réponses sont venues. Alors que je voyais les choses venir -puisqu'elles étaient si bien suggérées-, et malgré ma ferme volonté de ne pas céder sur du "téléphoné", j'ai été très touché par un dénouement pourtant annoncé au début du film.
C'est seulement là que j'ai compris. Toute la force de ce film est ici. Vous faire croire que vous savez où vous allez et que vous êtes donc armé (voire blasé) pour affronter ce qui va arriver.
Lorsque ce qui devait arriver arriva, il est trop tard pour réaliser que le voir venir fait encore plus mal (alors que l'on trouvait le temps plutôt long!).
On sort de la projection éprouvé, littéralement trahi par notre conscience des sentiments.

1/16/2009

Gran Torino - Clint Eastwood

Publié par E. |

Après la relative déception de son dernier film L'échange, Clint Eastwood revient avec Gran Torino, plus en forme que jamais. A se demander comment s'y prend-t-il pour enchainer réalisation sur réalisation...

Sceptique au départ quant à la qualité de ce dernier film que je pensais fait à la va-vite, je n'ai finalement pas regretté de ne pas m'être arrêté à L'échange, loin de là.

Gran Torino est sans doute l'un de ses meilleurs longs-métrages. Le scénario est d'une simplicité déconcertante mais paradoxalement très sophistiqué dans sa mise en scène. Clint Eastwood joue un vieux vétéran de la guerre de Corée à moitié raciste qui vit seul au beau milieu d'un quartier d'immigrés, où les gangs sont nombreux.
Il décide alors de protéger sa propriété en sortant les armes... La question est: "mais que va-t-il donc se passer? "


Clint Eastwood joue à la perfection. Comme certaines boissons: il devient toujours meilleur avec l'âge. Quant au reste des acteurs, ils sont tous inconnus (me semble-t-il) et on les découvre avec plaisir.

Ce film est une aventure humaine chaleureuse qui prête à réflechir (quelques millièmes de secondes, je rassure les fainéants) sur la vieillesse.
Un film qui parvient à émouvoir par sa force brute et le naturel qu'il dégage (à l'image de C.E.).

Du très bon qui sortira en salle le 25 février prochain et qui ne passera sans doute pas inaperçu, même s'il y a des risques (oui, quand il s'agit de bons films...).



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1/06/2009

Bons baisers de Bruges

Publié par E. |

Bons baisers de Bruges est un de ces films qui créent la surprise et interpellent dès les premières images. Un film de caractère. Une identité particulièrement marquée, une griffe signée de la main de Martin McDonagh, autant dire d'un inconnu.

Bons baisers de Bruges relate la fuite de deux tueurs à gages vers une terre d'exil qu'ils n'ont pas choisie: Bruges, forcément. Sur fond de carte postale rustique et chaleureuse, c'est une comédie qui se dessine et prend forme sous vos yeux... et sur les pavés de la vieille ville.

Le scénario est parfaitement maîtrisé et ne contient aucune (j'insiste sur le "aucune") fausse note. Il faut parfois savoir le reconnaître, c'est un véritable petit bijou dont la beauté s'exprime non seulement dans la rareté de l'objet mais aussi dans ses arêtes subtilement polies et taillées par la main de l'homme. Pas de grandiose coup de théâtre, non plus d'effet spécial à vous dilater les pupilles. Un scénario simple, droit, abouti.


Abouti comme la mise en scène qui nous imprègne d'une atmosphère indescriptible, dans la brume nocturne de Bruges. Humide, froid mais chaud à la foid, intemporel, suspendu. Et bien sûr, drôle. Un humour toujours présent. Rarement dans les dialogues, souvent dans les gestes, toujours dans les situations. Fin, très fin.

Le tout est livré dans un petit écrin qui en surprendra plus d'un : Colin Farrell. Cette tête d'oeuf pointé de beauté à la Cindy Crawford (ou presque) et abonné aux films à gros budget (vous remarquerez que j'ai évité de dire "Blockbuster" car j'ose espérer que SWAT n'en est pas un...). Ici, un Colin Farrell tout en simplicité qui joue de ses expressions faciales - de ses yeux notamment - au service de la comédie. Un Colin Farrell qui joue la leçon du comique de situation: MAGISTRALE. Soulignons également son acolyte Brendan Gleeson qui est un formidable partenaire et porte sur lui les traits qu'il faut sans qu'il soit nécessaire d'en dévoiler davantage...

Ce film est une véritable révélation, que ce soit au niveau du scénario, au niveau de la réalisation ou au niveau des acteurs. On y découvre un nouveau cinéma. Pourquoi pas un Chaplin des temps modernes. En deux mots: Châpeau bas!

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1/05/2009

Durian Durian

Publié par C. |


Durian Durian, film de Fruit Chan (récemment remarqué par son dernier film Nouvelle Cuisine) sorti en 2000 après la trilogie sur la rétrocession de HK à la Chine. S'inscrit dans sa trilogie sur le thème de la prostitution (avec les longs métrages Hollywood HK et Public Toilet).

A l'issu du tournage de Little Cheung, FC et son équipe ont été marqués par les filles à HK - un monde curieux, grouillant et naturellement intrinsèque à la ville.


On assiste donc dans la première partie du film à la vie à Hong-Kong de Yan, jeune chinoise venue s'installer sur l'ex-colonie britannique. Compte tenu de son visa de 3 mois, elle se tient de vouloir gagner un maximum d'argent en un minimum de temps. Elle choisit une activité courante et plutôt rentable : la prostitution.


On pourrait caractériser ce chapitre de docu-réalité - caméra au point - tant l'effet est bien réalisé. On sent qu'un long travail d'immersion de FC a été réalisé au sein même de cette organisation dirigée par la mafia. C'est une activité développée voire tolérée par les moeurs locales tant ça paraît naturel de trouver des filles de la campagne de Chine perdre leur identité (belle allégorie avec le pelage de peau après tant de douches - systématiques avec chaque patron), trimer des heures sans repos pour enchaîner jusqu'à trente clients par jour. Le pire de ce documentaire objectif est que ce métier ne paraît pas si ingrat. Les filles ne sont intéressées que par un maximum de rentrées et leurs pauses dans les salons de thé (endroits typiques a priori dédiés à l'Organisation) entre 2 rdvs paraissent assez détendus. La caméra les déshumanise tout comme le fait leur métier.


Yan rencontre une jeune fille qui vit avec sa mère à HK, fascinée par les mystères de la rue puisqu'elle y passe la plupart de son temps à frotter la vaisselle.Un parallélisme de dessein y est suggéré car finalement cette famille chinoise trime dure pour pouvoir se permettre de survivre à HK tout en évitant l'inévitable retour au pays (paradoxe curieux). Un niveau de vie affligeant ou encore le désenchantement du rêve hong-kongais.

La deuxième partie du film s'articule autour de ce retour au pays : Yan prend le temps de reprendre sa vie là où elle l'avait laissée et de se recontruire moralement. Mais comment se forger une nouvelle dignité après une telle expérience - inconnue et cachée de tous ses proches ?

Culturellement marquant mais la forme péche cruellement par son manque de rythme. La musique est plutôt désolante et pathétique et les tons de couleur très (trop) fades (peut-être l'édition dvd?). La 1ère partie est très réussie : on s'immisce honteusement dans la vie de Yan avec une curiosité de compassion mais aussi de voyeurisme. La 2ème partie est trop longue, et on finit par décrocher tant on ne sait plus trop où ça nous mène.

Pour la petite histoire, le Durian Durian est un fruit connu en Asie du Sud (dit le Roi des fruits) qui exècre et dégoute par son odeur pestilentielle et contient en son coeur un fruit tendre et légèrement sucré. Probable et possible allégorie de la Chine : FC voudrait-il nous inciter à penser que la campagne chinoise - même si elle dégage une aura surfacique toujours négative, pauvre et piteuse - regorge d'un esprit humain, palpable et rassurant - du moins toujours plus que la ville impersonnelle et spectrale qu'est Hong-Kong.

En quelques mots : talentueux et inégal avec une sensibilité sociale troublante.





C.

1/01/2009

Largo Winch

Publié par E. |


Largo Winch, adaptation de la célèbre bande-dessinnée, est un film d'action. Je ne l'apprendrai à personne. Or, j'ai souvent du mal avec ce genre de film que je vais quand même voir...

N'ayant pas lu les BD du même nom, je ne peux me prononcer sur mon ressenti quant au passage sur grand écran. Je ne pourrai que dire que le Largo Winch que j'ai vu est un James Bond à la française, rien de plus. Inutile d'aller plus loin sur le propos, vous savez tout le mal que j'en pense. Mais cela n'engage que moi et je m'excuse par ailleurs si j'en froisse quelques uns.

Car, oui, Largo Winch a un sacré succès au box office malgré le peu d'originalité de l'oeuvre. Peut-être cela s'explique-t-il par la curiosité de voir sa BD préférée adaptée sur écran géant. Ou sans doute est-ce dû à Tomer Sisley (l'équipe d'acteurs l'entourant est plutôt bien homogène et très satisfaisante, fallait-il le préciser) que l'on n'a guère l'habitude de voir au cinéma et qui revendique avoir exécuté toutes ses cascades lui-même.

Sur ce dernier point, un beau saut, quelques vitres traversées et de multiples prises martiales ne m'ont pas suffi à être impressionné (ouais, j'vous l'fait quand vous voulez pour un cachet égal). Le dernier duel est même des plus ridicules car totalement grotesque (cf.coup de poignard final).

Le scénario est assez téléphoné (y'a quelqu'un?!) et la réalisation très longue. On a tendance à bâiller et s'endormir.








1/01/2009

Madagascar 2

Publié par E. |



Madagascar 2 est une vraie petite bulle d'air en ces temps difficiles (c'est surtout le froid de la lorraine qui est rude, pour le reste... ça s'arrangera bien un jour). Un deuxième volet qui flirte forcément avec un goût commercial indissociable des "films-suites".


J'avais déjà regardé le premier et je l'avais trouvé plutôt bien avec une bande originale très présente à l'écran et d'un style assez... dynamisant! Avec ce second opus, on reprend les mêmes et on recommence! On ne change pas une recette qui marche. Et ici, pour notre plus grand plaisir. On s'amuse, on rigole, on a envie de bouger, on en ressort le coeur frais et léger. On ne s'ennuie pas deux secondes et on se laisse porter bien volontier par cette succession de gags amusants.


Si vous voulez faire un petit tour de manège, vous connaissez le prix du ticket!








12/28/2008

Amores Perros

Publié par C. |


Long métrage de 99, première oeuvre de Inarritu et premier rôle décisif de Gaël Garcia Bernal. C'est aussi la rencontre de Inarritu avec le talentueux scénariste Arriaga. Ca a du valoir le coup car a notamment été récompensé par l'Oscar du meilleur film étranger et le Grand Prix de la Semaine de la Critique au 53ème festival de Cannes (2000).

La collaboration Arriaga/Inarritu a été également brillamment mise en scène sur 21 grammes et Babel. La construction en récits est similaire sur les 3 longs métrages, qu'on pourrait assimiler à une trilogie.


Amores Perros s'axe sur une scène centrale du film (accident de voiture) qui réunit tous les acteurs principaux du film découpé en chapitres. L'élément commun à toutes ces histoires est Mexico. Un chaos cru et violent mais aussi une fascination paradoxale et émouvante. Nous aurons l'occasion de vivre l'histoire d'Octavio qui tente de s'enfuir avec la femme de son frère, Daniel qui quitte sa femme et ses enfants pour vivre avec un top-model ou encore El Chivo, tueur à gages nihiliste en quête d'introspection personnelle. Le tout dépeint avec un pessimiste assez alarmant (on espérerait apercevoir une pointe de bonheur tant c'est noir), on sombre dans un drame sans fond et toujours plus morbide et malsain.


Le film aurait été plus digeste si écourté. Mais on reconnaît le talent du scénariste : l'enchaînement est fluide et prenant et Inarritu est parvenu à faire transpirer les vices de Mexico à travers les desseins de ses personnages.


C'est beau et noir et tellement noir de beauté.


Bande annonce très réussie à l'image du film (Bande Originale Control Machete).










C.


12/28/2008

TAKEN

Publié par C. |


Taken c'est une réalisation de Pierre Morel (Banlieu 13) catapulté par Luc Besson et plombé/assassiné par la presse. Que d'éléments qui jouent en défaveur de ce film français. Mais le choix de l'acteur a été judicieux : un irlandais d'1m93 charismatique, Liam Neeson (La Liste de Schindler).


Le film se résume en qqs mots puisque le scénario (effectivement) ne vole pas bien haut : une jeune fille de 17 ans décide de faire la tournée U2 sur plusieurs semaines malgré les réticences paternelles (papa anciennement super bodygard). Elle se retrouve à Paris et est soudainement kidnappée par des grands méchants (on s'en doutait - taken). Le papa s'énerve et s'enquit de la mission recherche enfant perdu. Et là le film prend tout son intérêt. Liam Neeson est plutôt convaincant en super héros indestructible et on se prend au jeu assez facilement. Les qqs acteurs français sont pitoyables mais on oublie vite. Peu de dialogue et de l'efficient. On découvre un Paris sobre et véritable et la longueur est bien dosée.


Léger et sans surprise mais très divertissant.










C.

12/21/2008

Burn after reading

Publié par E. |


Burn after reading est le dernier long métrage des frères Coen. Après No country for old men, le contraste est plaisant. Burn after reading est en fait la dernière composante de la trilogie comique des deux frères, selon Clooney. Après "O'Brother" et "Intolérable cruauté" (que je n'ai pas vu), cette dernière pitrerie est un vrai film d'abrutis et on aime!




La réalisation est plutôt bonne et invite vraiment à la détente. Mais il ne faut pas en attendre beaucoup plus. Et comme les blagues les meilleures sont les plus courtes, le film paraît relativement bref et s'arrête sans ménagement ni artifice. Ce qui, de mon point de vue, en fait une noble comédie.


Burn after reading est aussi et surtout interprétée par des acteurs bien connus (Brad Pitt, Georges Clooney, John Malcovich...) et dont le talent ne fait aucun doute. Et leurs jeux sortent un peu de ce qu'ils nous ont habitué pour notre petit plaisir. Ambiance loufoque oblige. Très sympa.
Même si le film est sans prétention (petite comédie gentillette), il reste très agréable.


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