2/08/2009

Le Complexe du Chimpanzé - La trilogie

Publié par E. |

Le Complexe du Chimpanzé est une trilogie, bande dessinée d'anticipation/science-fiction mystérieuse. Son intitulé est directement tiré du comportement de l'animal qui, alors qu'il était utilisé lors des premiers vols spaciaux habités, comprenait bien qu'il était l'objet d'expériences mais, intellectuellement dépassé, celles-ci demeuraient pour lui inexplicables. Ce qui entraînait chez lui des réactions imprévisibles, parfois violentes...
Comme le chimpanzé, nous sommes tous conscients de l'expérience de vie que nous faisons jour après jour sur cette terre. Mais les raisons de cette expérience nous dépassent sans doute. Sauf à être Jésus dit le Christ.
L'histoire et sa mise en scène sont tout à fait lynchiennes, ne révélant pas grand chose des mystères qui les entourent, ce qui peut être légèrement frustrant à la fin. L'on peut aimer ce côté torturé du cerveau mais ce qui m'a véritablement conquis sont les dessins. Une technique qui peut parfois décevoir (il y a quelques planches ratées) mais qui reste innovante: l'utilisation du support photographique. Totalement digérée par le dessinateur (à noter que le dessinateur a une très bonne expérience dans les effets spéciaux pour avoir travaillé sur des films comme Batman et Robin ou les Visiteurs), la photo est parfaitement bien maniée et rend le dessin incroyablement réaliste. Une vraie surprise, réussie la plus grande partie de la trilogie.
On regrette que l'histoire soit parfois obscure et contienne un peu trop de clichés de l'américain de base mais cette trilogie (série qui aura le mérite d'être courte!) reste paradoxalement très digeste et agréable à lire. A découvrir.


1/26/2009

Zorn et Dirna

Publié par E. |

Zorn et Dirna sont deux orphelins un peu spéciaux... Depuis que la mort a disparue de la surface de la terre pour avoir été vaincue par l'homme, la vieillesse est devenue la pire ennemie de tous.

En effet, immortalité ne veut pas dire jeunesse éternelle dans le monde de Zorn et Dirna... Pour combattre la moisissure corporelle(et les zombies) des Hommes, le souverain au pouvoir a mis en place des moyens barbares permettant de réguler les populations à moindre frais...

C'est ici qu'interviennent Zorn et Dirna. Ils ont le pouvoir de donner la mort. De quoi, attirer les convoitises.

Exceptionnellement, je me suis permis cette petite introduction, vous assurant qu'il ne s'agit là que des trois premières vignettes. Je vous laisse deviner la richesse de celles qui suivent.

Un récit fantastique, dans tous les sens du terme, qui nous plonge dans un univers en totale inadéquation picturale. Le décalage entre le sombre de l'histoire et les dessins aux traits arrondis et chaleureux est assez inédit et dégage une atmosphère qui m'était encore jusque là inconnue. Un paradoxe très plaisant.



Les dessins et leur coloration sont assez remaquables. Le sanglant scénario s'il paraît simple au sortir d'une rapide lecture (car la BD se lit très vite!), est très bien mis en scène et cultive le comique de situation sur tous les plans.

Une série qui sera finie en 6 albums (le cinquième est sorti dernièrement). Une valeur sûre pour ceux qui aiment se faire plaisir!


1/20/2009

Katsuhiro Ōtomo ANTHOLOGY

Publié par E. |



Ce recueil contient dix petits récits signés Katsuhiro Otomo et qui ont été réalisés avant que l'auteur s'attaque à son œuvre phare "Akira" (de 1977 à 1981).
Alors que les magazines mangas pour jeunes adultes de l'époque sont plutôt friands de dessins réalistes, d'histoires sentimentales ou historiques, Otomo bouleverse tous les codes en apportant sa vision du monde où bien sûr la science-fiction est un élément-clé mais qui dépasse de loin la simple anticipation.

Je ne vous cacherai pas ma déception néanmoins sur la pertinence de l'oeuvre qui ne comporte pas de ligne directrice et qui, surtout, est d'une grande inconstance qualitative. On sent un Otomo qui se cherche et ne se trouve pas, durant quelques huit ou neuf histoires sans intérêt voire inintelligibles.

Seul intérêt, peut-être: découvrir, en fin de volume, une postface où l'auteur s'explique sur sa démarche pour chacune de ses dix petites histoires et sur ses influences qui vont de la découverte de l'œuvre de Moebius au mouvement hippie. Vous lirez également l'histoire intitulée "Boule de feu" dans laquelle Otomo imagine déjà ce qui sera la trame principale de "Akira" et "Dômu".

Sauf une ou deux histoires "sympathiques", cette édition luxueuse n'est qu'un coup commercial d'une maison d'édition (Kana) qui n'est pas à son premier essai dans ce domaine...

Un recueil contre lequel nous pouvons d'ores et déjà pousser un gros coup de gueule.

12/26/2008

Mutafukaz- T. 0

Publié par E. |



C. avait récemment abordé le sujet, mais il m’a paru opportun d’y revenir. Chacun s’accordera à dire que Mutafukaz est une bande dessinée unique sur le marché. Si l’on attend toujours avec autant d’impatience le tome 3, la surprise était entière en voyant débarquer ce dernier Tome 0.

Run n’ayant que trop de succès n’a pas pu poursuivre l’écriture de Mutafukaz et a choisi de confier la réalisation de ce tome 0 à Bicargo, sauf quelques planches.
Le résultat est des plus mitigés.
D’abord, ce Bicargo a un style graphique assez particulier inspiré des comic-books des années 50-60 : pauvre en détail et pas convaincant. Heureusement, quelques bonnes scènes d’actions sont dessinées par Run pour notre plus grand plaisir !
Ce tome 0 comprend également 19 pages en 3D. Si on imagine bien le travail que cela peut demander, on pourrait aussi aisément conseiller de ne plus réitérer cet effort vain. Oui, une ou deux vignettes sont réussies mais quant au reste, c’est plus un mal de tête que de la 3D que vous trouverez… Plus qu’inutile, ces planches « 3D » déçoivent et s’ajoutent à notre agacement.
Car les dessins ne sont pas le seul point noir de ce tome. Le scénario (qui semble être de Run, si je ne m’abuse) est raté. On pourrait s’attendre à retrouver si ce n’est nos amis Angelino et Vinz, au moins l’esprit bon enfant de Mutafukaz. Malheureusement, c’est un pseudo trip hitlerien-extra-terrestre qui est mis en avant. Adieu la bonne ambiance, bonjour la guéguerre et le complot d’Etat.
Un scénario qui n’apporte rien à Mutafukaz et qui aurait même pu être édité sous un autre nom. Une préquelle qui n’en est pas une. Un travail vain, inutile et irritant pour un lecteur qui a bien l’impression d’avoir perdu 20 euros mais aussi quelques précieuses minutes de son temps et de sa divine personne.

12/14/2008

MUTAFUKAZ

Publié par C. |






























Angelino et Vinz habitent Dark Meat City, une bourgade aux quartiers calientes inspirés de ceux de LA. Ces 2 personnages principaux sont directement nés de photos de L’Est Républicain (le créateur Run – alias Guillaume Renard - paraît puisé ses sources dans ses origines nancéennes !) sur Halloween : Angelino étant initialement une citrouille bien ronde et Vinz à la tête de squelette (enflammée pour hommage au Ghost Rider des Marvel).


Run - à défaut de n'avoir pu convaincre sa boite de multimédia à l’époque (TeaChman) - n’a pu sortir que récemment ses 1ers tomes (tout était prêt depuis 2003). A également réalisé un court-métrage (disponible ci-dessous) qui a remporté qqs prix et qui a participé à une renommée de plus en plus étendue.




Run travaille également pour le collectif Semper-Fi (Semper Fidelis – en latin « Toujours fidèle » - devise des Marines US !) sur des projets variés comme le Toy Design, illustration T-Shirts, etc (avec Rolito, Dany Boy, Yan et Chick).




La 4ème de couverture des deux premiers opus ne vous laisse pas indifférents : on note un style léché, particulièrement soigné mélangeant subtilement un style comics et manga. Très belles éditions Ankama (sont également à l’origine du RPG Wakfu) : papier glacé, construction chapitrée, jolies fresques avec des explications initiatiques au début et complémentaires à la fin, le tout assaisonné de planches uniques signées. On s’en tire pour 15 € et c’est peu cher payé pour ces qqs centaines de pages généreuses.


On sent une influence du HH et du continent japonais (on reconnaît même – très furtivement - notre bon vieux Kitano en Yakuza hargneux !). Une fan-attitude également du catch US, des chicanos tatoués et des marvels avec des super-heros aux super-pouvoirs sous fond SF à la thématique des Envahisseurs (sans oublier nos amis les cafards). C’est rapide, fluide, sanglant et détonnant. Le style graphique peut évoluer d’un chapitre à l’autre : on se retrouve tantôt confronté à un artifice de couleurs tantôt au noir et blanc (et rouge quand ça saigne !).



Les personnages sont attachants, Dark Meat City traîne sa dimension de mystères aux quartiers multiples et tortueux et les personnages secondaires (on pense surtout à Willy !) nous enchantent : on adhère sur tous les plans ! Une BD sans nul doute culte à posséder pour tout amateur du 9ème art !




Le 3ème volet intitulé Tome 0 vient de sortir – pour faire patienter les fans et les garder en rut jusqu’au Tome 3… Noir et blanc, plus massif et avec des lunettes 3D. L’innovation a un prix puisqu’il sera mis en kiosque à 20€.


















Editions Ankama : à surveiller. Petit aperçu de leur bébé Wakfu pour donner idée de la cohérence globale de cette maison, aux a priori somme toute sympathiques.



WAKFU Webisode 2
envoyé par nathanlyoko

C.

Allez sur le site pour des images et autres surprises :
http://www.mutafukaz.com/

12/06/2008

No Comment

Publié par E. |

No Comment est une BD expérimentale, c'est le moins que l'on puisse dire. Comme le laisse entendre son intitulé, il n'y est fait aucun commentaire. Aucune bulle dans une BD. Fallait le faire.
Construite de petites histoires démonstratives de notre condition sur Terre, la mise en scène est assez réussie. "Assez" car le lecteur a quand même parfois du mal à comprendre où l'auteur a voulu l'emmener... Mais la plupart du temps, ce jeu de devinette ne dure pas et les réponses viennent au fur et à mesure de ces rébus sophistiqués...
Le mot de l'éditeur résume assez bien ce que l'on peut y "lire" (ou voir!):
"Le quotidien d’une humanité, notre humanité, qui mène une vie pathétique dominée par ses bas instincts. Ivan Brun prend le lecteur à la gorge pour dénoncer l’apathie et la déchéance du monde contemporain.

Artiste peintre, chanteur d’un groupe de hardcore français et auteur de BD issu du milieu underground, Ivan Brun n’est pas un créateur comme les autres. No comment est une suite de courts récits au graphisme subtil et faussement naïf qui forment un panorama impitoyable de la condition humaine à l’orée du XXIe siècle. En créant une apparente empathie graphique pour ses protagonistes, Brun, sans jugement moral ni commentaire, révèle finalement leur misère structurelle et le désert affectif au sein duquel ils évoluent. Rien n’est épargné au lecteur : la pauvreté, la drogue, les rapports de domination, la violence, l’absurdité de relations sociales viciées par la réalité économique... Un véritable pavé dans la mare, pour réveiller les consciences, et dont la lecture ne laissera personne indifférent.
"
A nuancer toutefois sur cette dernière affirmation: ce n'est pas en lisant cette bd que votre vision du monde sera bouleversée. Mais si rien ne change de ce point de vue, le monde de la BD a, lui, encore avancé avec cette expérience plutôt réussie!
E.

12/04/2008

Übel blatt T.0 à 2

Publié par E. |



Übel Blatt est un manga de Dark Fantasy. Une histoire et un monde imaginés de toutes pièces par l'auteur. Des légendes, du moyen-âge, beaucoup épées, des elfes et autres créatures de fiction, de l'hémoglobine, encore de l'hémoglobine, de la vengeance, des pouvoirs surnaturels, des scènes sexuellement explicites, de la violence, encore de la violence (proche de Berserk en moins sombre peut être)... c'est ça, Übel Blatt!!


Le scénario est très bien construit et laisse deviner un avenir plein de surprises à notre histoire. Les dessins sont assez bons (même s'ils pourraient être encore mieux) et se laissent volontiers regarder quelques secondes entre deux bulles.

Un manga à réserver aux plus avertis qui mérite d'être lu sans détour!





A noter pour ceux que cela intéresse au delà de ce petit billet: la série commence au volume 0 par lequel il me semble absolument nécessaire de commencer.

Je remercie Bénédicte, qui comme vous l'avez vu plus haut a ses petits critères de sélection, pour ce petit manga très agréable qui se lit tout en douceur!

12/02/2008

Blogs BD

Publié par E. |

Kon'bawa (19h15 heure de Tokyo) les disciples du Dojo !


Aujourd'hui j'ai eu envie de vous faire partager mes récentes decouvertes, j'ai nommé : les blogs bédé !! Trés en vogue en ce moment le principe est globalement celui d'un blog mais la particularité c'est qu'il est tenu par un dessinateur de bd. C'est une manière de plus en plus commune pour les jeunes (ou moins jeunes) créatifs de se faire connaître et il y a vraiment du très bon. Ma selection du jour c'est portée sur des my-life-dot-com blogbd, en gros les bloggers croquent leurs quotidiens avec des ptits strips souvent savoureux !


Je commence par www.mae-bd.com, le blog en question est tenu par Pacco, patron de l'agence Tomahawk qui nous fait partager la vie de sa ptiote, la tyranique Maè, c'est frais, c'est fun et le style graphique est vraiment canon !




Ensuite, dans un style proche mais parfois un peu plus trash, le blog de Margaux Motin déboîte bien! Illustratrice freelance de son état elle publie très régulièrement des strips hilarants de sa vie de Parisienne accomplie. A prendre au 12° degré comme un bourgonne aligoté, du franchement bien booon.





Last but not least, le blog de Pénélope, comparé souvent à celui de Margaux c'est moins trashos mais tout aussi fun de suivre sa merveilleuse existence !






Dans l'ensemble 3 petits blogs bien funs, bien entendu parfois inégaux cela reste un nouveau moyen de découvrir de la bd, ça mange pas de pain et on se marre bien !

I hope you'll like.

Comarin Du Romarin.

12/01/2008

Sillage - Monde Flottant (T.11)

Publié par E. |

Petit article sur le dernier album de Sillage récemment paru, intitulé Monde flottant . Ce onzième album des aventures de Nävis, dont nous vous avions déjà parlé précédemment est toujours aussi plaisant à lire, à quelques nuances près...

Premier atout de la bd: on l'aime! On aime ses dessins, son histoire, tout. Second atout: elle fait l'unanimité. Mais dans ce dernier opus, on sent malgré tout une petite baisse de régime. Certes, je l'ai lu d'une traite (mais ce n'est pas un secret, Sillage, ça se lit vite et on ne sait pas si c'est bon ou mauvais!), mais je n'ai pas eu l'impression que l'histoire ait avancé un chouya...

Série à succès oblige, j'ai plutôt eu le sentiment qu'on me faisait mariner en attendant d'autres albums... Même si on prend plaisir à voir Nävis évoluer dans le bon sens (devenue paria de Sillage) , ce dernier épisode n'apporte pas vraiment sa pierre à l'édifice. On pourrait même s'en passer si l'on voulait.

Mais Sillage, ça reste du plaisir, une Bd sympa où les auteurs s'éclatent et nous le rendent bien. Alors, pourquoi pas un onzième tome, même si c'est du vent, ça reste frais et ça vaut toujours son prix. Une valeur sûre, de toute façon.


E.

11/29/2008

Me And the Devil Blues T.1 & 2

Publié par E. |


Me And The Devil Blues relate la courte vie d'un des meilleurs guitaristes de tous les temps: Robert Johnson . Cet homme qui n'a enregistré que 29 morceaux avant de mourir à 27 ans (1911-1938), a pourtant marqué l'histoire de la musique et inspiré de nombreux grands artistes (Hendrix et Cie).

On dit de lui qu'il n'avait aucun talent et était souvent ridiculisé dans le bar du village où il vivait au début de son existence. Les gens supportaient assez mal ses fausses notes. Mais du jour au lendemain, il se mit à jouer comme un Dieu. Purement et simplement. C'est alors que les vieilles légendes refirent surface et l'on dit qu'il vendit son âme au diable...

Légende ou réalité? L'on peut se demander encore aujourd'hui ce qui a bien pu se passer pour que RJ connaisse ce don et cette vie si désastreuse. Ponctuée de drames et de vagabondages alcooliques...

RJ a eu une vie courte et intense et le peu qu'il nous a laissé est resté gravé dans l'esprit de chacun de ceux qui l'ont écouté. La matière première du manga ne manque donc pas d'intérêt (je vous invite à lire sa bio en lien supra).

Quant au manga lui-même, il joue sur toute l'ambiguïté qui entourait (et entoure) le personnage. Il s'invente un RJ dans un scénario parfois très surprenant. Entre le surnaturel et le factuel, on ne sait jamais sur quel pied danser. On imagine alors ce qu'aurait pu être RJ(ou ce ce qu'il a pu vivre), comme s'accordent à dire les spécialiste en postface.

Quant aux dessins, ils sont particulièrement bien chinés. Très agréables. Coups de crayons naturels qui ne laissent pas sa place à l'informatique, ce à notre plus grand plaisir. Beaucoup de talent.
Encore une oeuvre biographique, allez-vous dire, mais sa maîtrise est tellement grande que même les connaisseurs de RJ seront surpris par ce style si particulier, cette âme diabolique qui s'y dégage... A lire, plutôt deux fois qu'une.

E.

11/25/2008

Lucha Libre - Les Tikitis T. 1

Publié par E. |

La Lucha Libre est une autre dimension imaginée par Jerry Frissen qui a créé pour les Humanoïdes Associés plusieurs séries parallèles offrant des univers sophistiqués et novateurs issus d’une jeune génération de dessinateur influencée tout autant par le manga, les comics et la BD franco-belge (Bill, Gobi, Fabien M, Tanquerelle et Witko).

D'après ce que j'ai cru comprendre, cette fameuse Lucha Libre était exploitée sous forme de petits périodiques de même format qu'un comics. Je ne peux pas vous en dire davantage, étant totalement ignorant au sujet de cette "franchise" si l'on peut dire.

Je n'en avais jamais entendu parlé et j'ai longtemps hésité avant d'acheter un album relié (en carton!) format BD. Oui, l'hésitation venait du fait que trois albums griffés Lucha Libre sont sortis en même temps. Pourtant, tous les trois portaient l'indice: tome 1....


Ne sachant pas par quelle série commencer, j'en ai prise une au hasard, espérant qu'il n'y ait pas d'ordre à respecter... Apparemment, ce ne serait pas le cas ou, du moins, je n'ai pas été géné à la lecture.

Je me suis donc résigné à acheter à l'aveuglette Les Tikitis (j'étais à la fnac, alors mon choix s'est vite négocié avec les BD les moins abîmées, celles-ci étant particulièrement rares dans ce genre de boutiques). Dessins originaux et tape-à-l'oeil, je me suis laissé tenter par une sélection qualitative éditoriale (caressage de couverture et mise en lumière des défauts d'impressions, griffures et autres cornures indésirées).

Ensuite, je me suis plongé dans la lecture de ce premier tome (parmi deux autres), avec l'appréhension de ne pas pouvoir tout comprendre, faute de m'y prendre dans le bon ordre... Mais, au delà de quelques références discrètes, il ne semble pas qu'un ordre soit prévu.


L'histoire ne m'a pas franchement convaincu même si le ton est donné dès le départ. L'humour décalé et détendu sur fond d'aventure. Ambiance vacances. Sympa mais manque de tonus quand même. Je conseillerai cependant ce petit premier tome timide sur le fond mais agréable à regarder et peut être assis sur un très bon potentiel. Une Lucha Libre à suivre car des surprises pourraient survenir par la suite.

Une BD que l'on achète en se disant "pourquoi pas?" et qui ne fait pas plus d'effet à la lecture mais reste sympathique autant dans son esprit que dans sa réalisation.

De la même façon, si vous hésitez sur une Lucha Libre, pourquoi pas Les Tikitis...

E.

11/13/2008

Dorohedoro

Publié par E. |

Dorohedoro est un manga à l'esprit et au succès underground. Edité chez Soleil en grand format, la couverture est assez bien trouvée: le personnage principal étant un Caïman, l'éditeur a choisi de publier une couverture en relief façon "peau de reptile". Belle idée à saluer.

Autre point positif, les deux premiers volumes sont actuellement - et depuis le début de l'été - en vente pour le prix d'un. 
Alors que se cache-t-il derrière ces petits arguments commerciaux? Lorsque l'on ouvre le manga, on découvre des dessins très sombres et une impression de très mauvaise qualité. Quel dommage de n'avoir pas su tenir la qualité jusque dans l'encrage des dessins! La plupart des pages sont imprimées floues. On a donc du mal à distinguer certains traits du fait de l'obscurité ambiante du manga. On devine pourtant la finesse du coup de crayon de l'auteur mais on ne peut pas l'apprécier. Mais il paraît que ce problème n'existe que pour les deux premiers tomes...


Si du point de vue de la forme, il est difficile de ne pas émettre un mauvais jugement (dans tous les sens du terme), on peut se rattacher à l'histoire et sa mise en scène pour se donner un avis.
L'histoire n'est pas franchement développée durant ces premiers tomes mais l'auteur nous plonge dans un univers étrange et loufoque qui n'est pas pour déplaire. Beaucoup de créativité et d'imagination qui fait plaisir. Cependant, il n'y a pas de réel intérêt à suivre l'histoire qui manque de piment et de suspens. On suit les personnages au gré des courants sans savoir où l'auteur veut nous mener.... Un petit problème de mise en scène qui empêche le lecteur d'accrocher.

Ce qui fait franchement la différence, c'est cette atmosphère sombre et décalée. Beaucoup d'humour de toutes les couleurs (notamment noir). Mais surtout décalé. A part ça, il est difficile de se prononcer au bout des deux tomes tant l'histoire n'est presque pas amorcée et l'édition est mauvaise (retire tout l'intérêt des dessins).
Pire, on n'a pas vraiment envie d'en savoir plus au sortir de la lecture... Je ne pense pas faire l'effort d'acquérir la suite de cette série, forte onéreuse (près de 10 euros le tome).

P.S. : A noter que le rythme de publication frôle le record de longueur avec parfois plusieurs années (jusqu'à deux ans) entre deux tomes en France (merci Soleil). On compte aujourd'hui 6 tomes parus en France contre 11 au Japon.

E.

11/12/2008

Le Champ de l'arc-en-ciel

Publié par E. |


Après le cultissime Solanin, Inio Asano poursuit son Oeuvre poético-dramatique dans Le Champ de l'arc-en-ciel. Pour avoir lu chacun de ses mangas publiés en France (Un monde formidable, le Quartier de la lumière et les deux derniers déjà cités), je pense pouvoir affirmer que ce dernier opus est le plus sombre (en témoigne la couverture), mais aussi le plus compliqué.

Le style graphique, tout d'abord, est d'une rigueur, d'une perfection, d'une beauté, d'une régularité (...) à couper le souffle. Mais dès lors que vous lisez Inio , vous pouvez le prendre comme acquis. Je m'entête à dire qu'il est sans doute un des plus brillants dessinateurs au monde.
Profitons néanmoins de l'aspect formel du manga en émettant immédiatement un petit bémol: l'édition. Panini Comics a sauté sur l'occasion de la reconnaissance d'un nouveau talent (qu'il découvre rarement à l'image de N.Urusawa) pour dégager une bonne marge sur l'oeuvre. D'aspect extérieur correct avec une édition de grand format, l'impression se révèle être de moindre qualité (rien à voir avec les éditions Made In). Cette dernière est en effet réalisée sur du papier très fin, rugueux au touché comme mal recyclé. On regrette donc que l'éditeur ne quitte jamais ses directives des yeux: du profit, du profit, encore du profit (et donc limiter les coûts d'édition)...


Attachons-nous maintenant au fond du scénario. Celui-ci apparaît au fil de la lecture très opaque et complexe. Mais toujours emprunt de poésie qui allège cette grosse machine qu'est le scénario.

L'histoire est particulièrement violente. Mais ce n'est pas ce qui fait l'essentiel de la "machine". Inio Asano a souhaité s'essayer à l'art des sauts dans le temps. Tantôt dans le futur, tantôt dans le passé, il suit plusieurs personnages sur plusieurs années de façon anarchique. Le lecteur se perd souvent ne sachant plus qui est qui ; qui et quand. Ce qui est un véritable obstacle à la bonne compréhension du scénario.
Malgré un découpage plutôt déroutant, on comprend juste ce qu'il faut pour savourer ce nouveau venu de la planète Inio Asano. Décidément à part, l'auteur pourrait désemparer plus que jamais avec cette dernière oeuvre assez complexe.
De quoi inviter à des relectures intenses ouvrant d'autres portes de cet univers qui parfois (et c'est le cas ici) nous échappe.
En bref, Le champ de l'Arc-en-ciel est un manga aussi scotchant que violent. Difficilement appréhendable. Vous n'en ressortirez pas indemne!
E.

11/03/2008

Undercurrent

Publié par E. |


Undercurrent est un manga publié aux éditions de luxe Made In. Assez imposant pour ne pas dire "gros", ce one shot est plutôt alléchant en librairie. Certes le packaging - couverture incluse - est très réussi, mais vous pouvez aussi lire une banderole de bas de page citant Jiro Taniguchi (notamment auteur de Quartier lointain) Grand Maître du Manga intimiste:


"S'il y a un manga à lire actuellement, c'est celui-là! J'ai été à nouveau surpris par le talent de mise en scène de Tetsuya Toyoda et par la qualité de son récit, comme lors de la lecture de son histoire lauréate du prix Afternoon. Tetsuya Toyoda réveille calmement ce petit quelque chose qui sommeille en nous et que l'on recherche."

De quoi être totalement convaincu par l'argument! Taniguchi n'aurait jamais fait ça pour servir une cause commerciale, lui qui vit comme un reclus dans sa campagne japonnaise... C'est en tous cas ce que je pensais avant de lire le fameux manga.

Après cela, on se précipite (ou pas) sur le synopsis et on peut y lire:
"Une femme dont le mari a disparu, qui a du mal à faire trouner son entreprise de bains publics et ne sait plus où elle en est. Un homme qui la soutient discrètement, sans rien dire, alors qu'elle a finalement rouvert les portes de son établissement. Dans l'ordinaire du quotidien, le tragique croise le comique, les gens se rencontrent, se séparent, un sentiment de plénitude et de perte profonde règne."




L'histoire n'a pas franchement de quoi nous faire perdre haleine mais ce n'est pas là le plus important. On le sait, certains savent faire des chefs d'oeuvres à partir de rien, à l'instar de Taniguchi. C'est peut-être d'ailleurs pour cela qu'il s'est reconnu dans ces pages. Une histoire sans artifice, des dessins presque calqués sur son style... bref, une ambiance très Taniguchi.
Il a sans doute dû être flatté par tant de références, je ne l'explique pas autrement.

Le vrai problème avec ce scénario, c'est qu'il ne va nul part et ne mène donc pas plus loin. Je n'ai pas été touché du début à la fin. Il y a une sorte de vide intense tout au long de l'histoire et cela nous empêche de prendre plaisir. Pourtant, la lecture est assez rapide mais là encore, cela peut s'expliquer par l'absence de dialogue très fréquente.

Je suis sorti de ma lecture sans trop savoir quoi en penser. Peut être qu'une deuxième lecture me ferait apprécier l'oeuvre différemment? Je ne sais pas si je n'étais pas disposé à lire un tel manga ou s'il est vraiment mauvais...

Toujours est-il qu'Undercurrent, c'est un manga à la Taniguchi sans Taniguchi et c'est bien dommage.


E.

10/22/2008

Couleur de peau : miel

Publié par E. |



Couleur de peau : miel est une BD belge (si,si!) écrite et dessinée par Jung coréen d'origine, adopté en walonnie... Peut-être l'aviez vous deviné par la couverture, c'est l'histoire de sa vie qu'il va nous raconter. Une vie qui débute avec ses souvenirs... à cinq ans.

Un enfant trouvé dans la rue en Corée et ramené dans un orphelinat. Orphelinat qui lui donnera un nom et une date de naissance... fictifs. De cette première expérience dont il a le souvenir, Jung nous laisse entrevoir son intimité, le chemin parcouru depuis. Les moments difficiles qu'il a dû traverser comme les meilleurs instants qui ont illuminé son existence.


Cette curieuse biographie est incroyablement touchante sans jouer sur les sentiments. Ponctuée d'anecdotes, elle respire l'humour et l'air frais. Une légèreté nécessaire lorsque sont abordés des thèmes graves et tabous comme la place des figures paternelle et maternelle dans l'adoption, le rapport difficile à ses origines méconnues, la place de l'adopté dans une famille nombreuse ect...
L'auteur n'a pas souhaité "faire pleurer dans les chaumières" avec cette auto-biographie et c'est réussi. Cette BD vous réserve néanmoins son lot de surprises émotionnelles. Un équilibre très apprécié servi par un scénario absolument remarquable (même s'il s'agit d'une biographie, il faut toujours organiser ses idées). Tout s'enchaine à une vitesse très satisfaisante. On ne décroche pas.


Aucun écueil sur le fond, mais pas uniquement. Les dessins sont très bien travaillés. Ils ressemblent d'ailleurs à un style asiatique (Manga, Manhwa, Manhua...) avec des personnages aux traits arrondis et un noir-et-blanc qui joue d'effets de lumières superbes. Le style est cependant parfois approximatif mais ce n'est pas déplaisant... Au contraire, cela injecte un dynanisme particulier à l'oeuvre, alors plus authentique.

La série est terminée en deux tomes (le second est encore parmi les nouveautés). Autant vous dire qu'elle est absolument indispensable ! A acheter d'urgence! Si vous n'êtes pas convaincu par ce petit billet, vous pouvez d'ores et déjà consulter des vidéos ici où l'auteur vous présente son oeuvre.

E.

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