1/30/2009

Birdy Nam Nam - Manual For Successful Rioting

Publié par Verbal Kint |

Piqûre de rappel

Birdy Nam Nam est un quatuor de dj, à l’origine d’un album éponyme sorti en 2005. Véritable ovni, cet opus expérimental est à classer rayon musique alternative. Musique alternative, ça veut pas dire grand-chose, expliquer avec des mots ce que font Crazy B, Pone, Need et Lil’Mike relève du défi. Pour faire simple, disons qu’ils fouinent, échantillonnent, découpent et assemblent tout et n’importe quoi pour un résultat des plus cohérant et atmosphérique, s’apparentant à du trip-hop (musique aux influences ultra large, du coup je suis sûr de ne pas blasphémer en les rangeant dans cette catégorie). Ah, j’allais oublier un détail crucial : tout est concocté aux platines !




Still avant-gardistes or nowadays arrivistes ?

Autant ne pas tourner autour du pot. « Manuel for successful rioting » n’est pas artistiquement une suite à leur premier album, mais plutôt une galette complémentaire, très différente, oui, car très électro. Présenté sur scène lors de leur tournée fin 2008, le nouveau Birdy avait le mérite de ne pas laisser indifférent et de faire sauter la foule à pieds joints ! C’est rythmé, les mélodies accrocheuses… les influences reconnaissables. De Daft Punk aux dernières grosses productions house et electro, nos dj favoris puisent l’énergie et les sonorités. Bien sûr, ils y apportent leur touch, manière de fabriquer les morceaux, scratches, etc.

Birdy Nam Nam nous prend à contre-pieds. Le groupe ne se repose pas sur ses acquis et préfère surprendre au risque de décevoir une partie de son auditoire. On est tiraillé. Forcément. D’un côté, le quatuor choisit la facilité (sécurité ?) en s’orientant davantage vers l’électro, mais de l’autre, comment refuser d’admettre que le résultat est bluffant et travaillé. A moins d’être réfractaire au genre, on se passera volontiers régulièrement l’album surtout en soirée, et cela jusqu’à la prochaine livraison.

Birdy Nam Nam, dans la tendance mais dans la bonne direction.

Verb'

1/27/2009

Les noces rebelles

Publié par Anonyme |



Le fait d'avoir réuni au cinéma les naufragés du Titanic 11ans après la tragédie m'a autant conquis que d'apprendre la sortie d'une 2ème volet des Transformers.
Malheureusement le titre en francais "Les noces rebelles" n'est pas plus évocateur pour le gaillard trapu qui boit de la bière et qui ne pleure jamais. Et puis voilà, dimanche soir on consulte le programme ciné, entre 2 comédies françaises et un nanard hollywoodien, on se dit qu'en VO, Revolutionary road, pourrait être la bonne surprise de la semaine...


Dans l'Amérique des années 50, les Wheeler, petit couple modèle de la banlieue, sont persuadés qu'ils sont différents, promis à un grand avenir. Ils ne se mouleront jamais aux conventions sociales, et ne tomberont pas dans la routine qui nous guette tous. Pourtant un jour, ils deviennent absolument ce qu'ils ne voulaient pas être : Frank occupe un poste sans intérêt et April devient cette femme au foyer pour qui s'occuper de ses poupons ne suffit plus. Elle décide donc pour renverser la vapeur (il n'est jamais trop tard...) d'aller habiter à Paris, ultime plan pour changer de vie et tout recommencer...


Le réalisateur Sam Mendes qui s'est déjà illustré avec American beauty et les sentiers de la perdition, ne tombe pas dans l'opération marketing en affichant DiCaprio et Winslet, et ne nous livre pas un mélodrame mercantile. Donc oui, première victoire car les retrouvailles sont vraiment à la hauteur. Les acteurs prennent pleinement possession de leurs rôles et nous livrent une interprétation qui tend à sublimer le film, bluffant. J'ajoute une mention spéciale pour Michael Shannon révélé dans Bug par William Friedkin, qui joue un fils de bonne famille sorti tout droit d'un asile psychiatrique...



A défaut d'être inédit, le sujet traité est idéal. A graviter autour des mensonges et des désirs du couple, le regard de Sam Mendes explore très justement l'hypocrisie de notre société, la façon que l'on a à se fondre dans un idéal que les autres modèlent pour nous en oubliant peut être le plus important, nos ambitions et nos envies. Pour autant le trait n'est jamais forcé, et même si la mise en scène reste très classique, la tristesse qui transpire du propos fait de Revolutionary road un film déchirant et ce jusqu'au plan final qui suffirait à lui seul pour résumer la tragédie, notre tragédie...


On sort de la salle hanté par le malaise qui s'en dégage, et ce sentiment va accompagner nos pensées un bon moment !


Plus d'infos sur ce film


Mikado



1/26/2009

Zorn et Dirna

Publié par E. |

Zorn et Dirna sont deux orphelins un peu spéciaux... Depuis que la mort a disparue de la surface de la terre pour avoir été vaincue par l'homme, la vieillesse est devenue la pire ennemie de tous.

En effet, immortalité ne veut pas dire jeunesse éternelle dans le monde de Zorn et Dirna... Pour combattre la moisissure corporelle(et les zombies) des Hommes, le souverain au pouvoir a mis en place des moyens barbares permettant de réguler les populations à moindre frais...

C'est ici qu'interviennent Zorn et Dirna. Ils ont le pouvoir de donner la mort. De quoi, attirer les convoitises.

Exceptionnellement, je me suis permis cette petite introduction, vous assurant qu'il ne s'agit là que des trois premières vignettes. Je vous laisse deviner la richesse de celles qui suivent.

Un récit fantastique, dans tous les sens du terme, qui nous plonge dans un univers en totale inadéquation picturale. Le décalage entre le sombre de l'histoire et les dessins aux traits arrondis et chaleureux est assez inédit et dégage une atmosphère qui m'était encore jusque là inconnue. Un paradoxe très plaisant.



Les dessins et leur coloration sont assez remaquables. Le sanglant scénario s'il paraît simple au sortir d'une rapide lecture (car la BD se lit très vite!), est très bien mis en scène et cultive le comique de situation sur tous les plans.

Une série qui sera finie en 6 albums (le cinquième est sorti dernièrement). Une valeur sûre pour ceux qui aiment se faire plaisir!


1/24/2009

Un enfant de l'amour de Doris Lessing

Publié par Bénédicte |


C'est avec ce livre que Doris a obtenu le Prix Nobel de littérature, en 2007. C'est une femme qui a écrit plus de 60 livres et qui n'a été récompensé qu'à 88 ans !!!
Ce livre décrit, durant tout une partie,( très longue, trop longue à mon goût) l'absurdité de la seconde guerre mondiale. C'est l'histoire d'un jeune homme anglais qui embarque pour l'Inde, en 1939, avec son régiment. Il fait une escale au Cap après une traversée excessivement difficile. Là, il se laisse aller dans les bras d'une femme mariée (à un militaire parti, lui aussi, en mission) et tombe amoureux. 3 jours.


Et ce fut là tout le mystère de sa vie. Et sa Vraie vie. le reste n'est que foutaise...
Et cela bouleversa la jeune Daphné autant que James.
C'est cette partie du livre qui est très belle, très sensuelle, : " Lentement, il retira son pantalon et sa chemise bleue, ne gardant que le caleçon de Joe, qui pendouillait à la manière d'un pagne. Il se glissa dans son lit, d'où il la regardait toujours avec le même sourire, comme si c'était une merveille..."
Je ne raconterai pas la suite de cette histoire. ce serait criminel. Mais le titre laisse facilement deviner la suite.
Dommage que la nature humaine soit aussi faible. Mais je sais que, malgré mes idéaux, entre autres de la femme, l'auteure a vu juste. très juste. et c'est en cela que ce livre est beau. Et bien sûr remarquablement écrit. Je regrette la langueur de la guerre, qui je sais, était bien réelle, hélas.
Si vous êtes un tant soit peu romantique, ou si vous avez envie de vivre 3 jours de passion, alors, lisez ce livre et laissez vous faire... Et faites l'amour et pas la guerre !
La vie est dramatiquement absurde. A nous de la rendre vivable ! Pas si facile...

1/23/2009

Norway of life

Publié par Ale |


Norway of life, no way of life ou la dénonciation du bonheur sans saveur..vaste programme!

Il est jeune, norvégien et beau garcon. Fraichement débarqué dans une une ville , il est employé « cash ». Son bureau et les différents accessoires sont high tech, une plante verte égaye même la pièce. Rapidement il sympathise avec ses collègues (le principal thème de conversation étant le design), il trouve même une compagne et une maitresse(!). Les rues sont très propres (les balayeurs passent à l'écran au moins une quinzaine de fois) . Ainsi , tout est au mieux.

Et pourtant Andreas éprouve un manque , « plus rien n'a de gout »: la société dans laquelle il vit apparaît aseptisée , le fait même de coucher devient purement mécanique. Le design étant toujours la pierre angulaire des dialogues. Il décide enfin de se prendre en main et de quelle manière..


Voilà en quelques lignes la première partie de norway of life, regard critique et drole sur le modèle norvégien (recours au comique de l'absurde, décrit magnifiquement bien l'artificiel des relations amoureuses notamment).Le film aurait été très bon s'il s'était arrété là mais voilà il continue et dégénère.. Le réalisateur décide en effet de mettre en scène la contre attaque sans pitié de la société norvégienne.

Le film devient alors gore (!!) (on sature vite..) et excessif ,les propos tenus apparaissent peu crédibles. Il n'est plus qu'une longue disgression,les arrêts sur l'image sont nombreux :sans grand intérêt, le rythme jusque la bon n'existe plus.Le film traine en longueur et c'est terrible. Seuls les plus tortueux d'entre nous apprécieront..





Il est donc difficile de s'approprier le film. On ressort un peu hagard ne sachant que trop penser de l'ensemble. Norway of life est en tout cas une fiction très particuliere et dérangeante. Ainsi ,amis curieux et névrosés, précipitez vous , autres dépressifs s'abstenir.

A noter : En plus de ses prix à Gérardmer, Norway of Life a remporté le Prix ACID en mai 2006 à Cannes. Le film s'est également vu décerner trois Amanda Awards (l'équivalent norvégien de nos César) : Meilleur acteur, Meilleur réalisateur et Meilleur scénario. Realisation de Jens Lien.

Ale







1/23/2009

Compilation Hiphop US : Best of 2k5

Publié par Verbal Kint |



Même principe que pour la compil' précédente, j'ai rassemblé une vingtaine de très bons morceaux hiphop (toujours selon ma propre appréciation), cette-fois tous édités en l'an de grâce 2005. J'ai la flemme de mettre une photo de chaque artiste (ça m'a pris un temps fou pour la compile best of 2k7). Sans plus attendre, voici, la tracklist et le lien pour upload la compilation. Bonne écoute !


1. Prodigal Sunn feat 12 O’Clock, Chi-King and Madame Dee - In my life (prod by Bennie B Originals Williams)
2. Little Brother feat DJ Jazzy Jeff - Watch Me (prod by Krysis)
3. Median - Median alleviates the drama (prod by 9th Wonder)
4. C.C.F. Division - Cars on the interstate (prod by Mathematics)
5. R.A. The Rugged Man and J-Live - Give it up (prod by Preservation)
6. L.E.G.A.C.Y. feat Percy Miracles and Keishia Shontelle - Imperfect World (prod by 9th Wonder)
7. Instrumental - The righteous way to go (for the jeeps) (prod by 9th Wonder)
8. DJ Muggs VS Gza (Genius) - Exploitation of mistakes (prod by DJ Muggs)
9. Lone Catalysts - Brothers keeper (prod by J-Rawls)
10. Gza (Genius) and Ras Kass - Lyrical Swords (prod by Bronze Nazareth)
11. Atmosphere - Poor me another (Another poor me) (prod by Ant)
12. Slum Village - Fantastic (prod by Young RJ and Carl Braoden)
13. Sub-Surface - Question (prod by Enock Root)
14. Sheek Louch - 45 minutes to Broadway (prod by Havoc)
15. The Away Team feat Smif-N-Wessun - Come on down (prod by Krysis)
16. Afu-Ra feat Lady Blue and Q - Cry baby (prod by Compressor Beats)
17. MED - So real (prod by J-Dilla)
18. Little Brother feat Big Daddy Kane - Welcome to Durham (prod by 9th Wonder)
19. Nas feat Alicia Keys and Rakim – Streets of New-York pt.2 Remix (prod by Lartizan)






Bonus : les clips de 2 morceaux présents sur le best of 2k7


  • Masta Ace - Nostalgia (prod by Marco Polo) (clip déjà visionné près de 600 000 fois !)

  • Phat Kat feat Elzhi - Cold Steel (prod by J-Dilla)

1/20/2009

Katsuhiro Ōtomo ANTHOLOGY

Publié par E. |



Ce recueil contient dix petits récits signés Katsuhiro Otomo et qui ont été réalisés avant que l'auteur s'attaque à son œuvre phare "Akira" (de 1977 à 1981).
Alors que les magazines mangas pour jeunes adultes de l'époque sont plutôt friands de dessins réalistes, d'histoires sentimentales ou historiques, Otomo bouleverse tous les codes en apportant sa vision du monde où bien sûr la science-fiction est un élément-clé mais qui dépasse de loin la simple anticipation.

Je ne vous cacherai pas ma déception néanmoins sur la pertinence de l'oeuvre qui ne comporte pas de ligne directrice et qui, surtout, est d'une grande inconstance qualitative. On sent un Otomo qui se cherche et ne se trouve pas, durant quelques huit ou neuf histoires sans intérêt voire inintelligibles.

Seul intérêt, peut-être: découvrir, en fin de volume, une postface où l'auteur s'explique sur sa démarche pour chacune de ses dix petites histoires et sur ses influences qui vont de la découverte de l'œuvre de Moebius au mouvement hippie. Vous lirez également l'histoire intitulée "Boule de feu" dans laquelle Otomo imagine déjà ce qui sera la trame principale de "Akira" et "Dômu".

Sauf une ou deux histoires "sympathiques", cette édition luxueuse n'est qu'un coup commercial d'une maison d'édition (Kana) qui n'est pas à son premier essai dans ce domaine...

Un recueil contre lequel nous pouvons d'ores et déjà pousser un gros coup de gueule.

1/19/2009

Slumdog Millionnaire

Publié par E. |

Aujourd'hui, c'est Alex. qui pousse les portes du Dojo avec ce petit billet très réussi sur le dernier film de Danny Boyle. Bonne lecture à tous.


Instinctivement, le thème choisi célèbre jeux « qui veut gagner des millions? » dessert plus le film qu'il ne le sert. C'est tout le contraire.


L'histoire est en effet peu banale : la vie de Jemaal nous est racontée à travers les questions du jeu télévisé (véritable récit initiatique), ce qui permet au réalisateur d'aborder de très nombreux thèmes relatifs à l'Inde ( les pauvres très pauvres/ les riches corrompus, le dynamisme de Mumbai/la solitude du personnage , visite du taj Mahal!/celle des bidonvilles..)et d'imposer au film un rythme soutenu (deux heures de projection , aucune longueur).


On en prend plein la vue, le dynamisme indien boosté par une musique électro-traditionnelle (!) est retranscrit à merveille. Un Temps d'adaptation est peut être necessaire tellement la mise en scène est sujet à donner le tournis..! L'inde « nouveau centre du monde » prend par ailleurs toute sa signification : regard critique sur le monde de la téléphonie par exemple, flash sur les nouveaux quartiers d'affaires.. Seul Jemaal, amoureux mais réfléchi , sert de point d'ancrage au milieu de cette folie !(acteur au au top, membre de la série skins il me semble..). Enfin la religion est absente. ça fait du bien par les temps qui courent.


On rit beaucoup et ce n'est pas pour nous déplaire. Latika est en plus superbe... Que de raisons pour aller voir cette découverte au cinéma! Boyle a travaillé avec une équipe locale ce qui rend le film crédible est pas du tout surfait ! (pas de mise en scène artificielle de la vie quotidienne des indiens). On peut de cette facon penser que Slumdog fait un clin d'oeil au célèbre film sur les favellas au Bresil La cité de Dieu. Mais l'analogie est relative , la palette de Slumbog apparaît bien plus large et encore plus captivante.



La dernière partie du film est émouvante, le film sincère. On quitte la salle avec un sentiment d'euphorie ,une envie de « bouger », de bien faire.

Bref, c'est du lourd.

Alex.

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