1/20/2009

Katsuhiro Ōtomo ANTHOLOGY

Publié par E. |



Ce recueil contient dix petits récits signés Katsuhiro Otomo et qui ont été réalisés avant que l'auteur s'attaque à son œuvre phare "Akira" (de 1977 à 1981).
Alors que les magazines mangas pour jeunes adultes de l'époque sont plutôt friands de dessins réalistes, d'histoires sentimentales ou historiques, Otomo bouleverse tous les codes en apportant sa vision du monde où bien sûr la science-fiction est un élément-clé mais qui dépasse de loin la simple anticipation.

Je ne vous cacherai pas ma déception néanmoins sur la pertinence de l'oeuvre qui ne comporte pas de ligne directrice et qui, surtout, est d'une grande inconstance qualitative. On sent un Otomo qui se cherche et ne se trouve pas, durant quelques huit ou neuf histoires sans intérêt voire inintelligibles.

Seul intérêt, peut-être: découvrir, en fin de volume, une postface où l'auteur s'explique sur sa démarche pour chacune de ses dix petites histoires et sur ses influences qui vont de la découverte de l'œuvre de Moebius au mouvement hippie. Vous lirez également l'histoire intitulée "Boule de feu" dans laquelle Otomo imagine déjà ce qui sera la trame principale de "Akira" et "Dômu".

Sauf une ou deux histoires "sympathiques", cette édition luxueuse n'est qu'un coup commercial d'une maison d'édition (Kana) qui n'est pas à son premier essai dans ce domaine...

Un recueil contre lequel nous pouvons d'ores et déjà pousser un gros coup de gueule.

12/10/2008

Blessures nocturnes T. 01

Publié par E. |


Blessures nocturnes raconte la débacle de la drogue et la délinquance chez les jeunes. Inspiré d'histoires vraies, le scénario tente de percer à jour la détresse de ces marginaux qui vivent la nuit et n'ont pas leur place dans la société... Le personnage principal est un enseignant démissionnaire qui, suite à une mauvaise expérience, décide de se consacrer à ces jeunes âmes errantes. Cet enseignant est aussi co-auteur du manga, semble-t-il.

L'idée d'aborder des sujets actuels et inquiets sur le sort de l'Homme en société pourrait être intéressante si l'on ne tirait pas sur la corde des sentiments.


Ici, malheureusement, c'est l'option choisie. Non seulement cela agace mais en plus cela nous laisse de marbre. Totalement indifférent. Le suspens est absent et les personnages manquent de relief... Un manga totalement épisodique.


Quant aux dessins, ils sont médiocres. Aucun détail. Un travail fénéant qui se contente du minimum.


S'il y une blessure nocturne, c'est celle qui me reste du temps perdu à l'avoir lu hier soir...



12/04/2008

Übel blatt T.0 à 2

Publié par E. |



Übel Blatt est un manga de Dark Fantasy. Une histoire et un monde imaginés de toutes pièces par l'auteur. Des légendes, du moyen-âge, beaucoup épées, des elfes et autres créatures de fiction, de l'hémoglobine, encore de l'hémoglobine, de la vengeance, des pouvoirs surnaturels, des scènes sexuellement explicites, de la violence, encore de la violence (proche de Berserk en moins sombre peut être)... c'est ça, Übel Blatt!!


Le scénario est très bien construit et laisse deviner un avenir plein de surprises à notre histoire. Les dessins sont assez bons (même s'ils pourraient être encore mieux) et se laissent volontiers regarder quelques secondes entre deux bulles.

Un manga à réserver aux plus avertis qui mérite d'être lu sans détour!





A noter pour ceux que cela intéresse au delà de ce petit billet: la série commence au volume 0 par lequel il me semble absolument nécessaire de commencer.

Je remercie Bénédicte, qui comme vous l'avez vu plus haut a ses petits critères de sélection, pour ce petit manga très agréable qui se lit tout en douceur!

11/29/2008

Me And the Devil Blues T.1 & 2

Publié par E. |


Me And The Devil Blues relate la courte vie d'un des meilleurs guitaristes de tous les temps: Robert Johnson . Cet homme qui n'a enregistré que 29 morceaux avant de mourir à 27 ans (1911-1938), a pourtant marqué l'histoire de la musique et inspiré de nombreux grands artistes (Hendrix et Cie).

On dit de lui qu'il n'avait aucun talent et était souvent ridiculisé dans le bar du village où il vivait au début de son existence. Les gens supportaient assez mal ses fausses notes. Mais du jour au lendemain, il se mit à jouer comme un Dieu. Purement et simplement. C'est alors que les vieilles légendes refirent surface et l'on dit qu'il vendit son âme au diable...

Légende ou réalité? L'on peut se demander encore aujourd'hui ce qui a bien pu se passer pour que RJ connaisse ce don et cette vie si désastreuse. Ponctuée de drames et de vagabondages alcooliques...

RJ a eu une vie courte et intense et le peu qu'il nous a laissé est resté gravé dans l'esprit de chacun de ceux qui l'ont écouté. La matière première du manga ne manque donc pas d'intérêt (je vous invite à lire sa bio en lien supra).

Quant au manga lui-même, il joue sur toute l'ambiguïté qui entourait (et entoure) le personnage. Il s'invente un RJ dans un scénario parfois très surprenant. Entre le surnaturel et le factuel, on ne sait jamais sur quel pied danser. On imagine alors ce qu'aurait pu être RJ(ou ce ce qu'il a pu vivre), comme s'accordent à dire les spécialiste en postface.

Quant aux dessins, ils sont particulièrement bien chinés. Très agréables. Coups de crayons naturels qui ne laissent pas sa place à l'informatique, ce à notre plus grand plaisir. Beaucoup de talent.
Encore une oeuvre biographique, allez-vous dire, mais sa maîtrise est tellement grande que même les connaisseurs de RJ seront surpris par ce style si particulier, cette âme diabolique qui s'y dégage... A lire, plutôt deux fois qu'une.

E.

11/13/2008

Dorohedoro

Publié par E. |

Dorohedoro est un manga à l'esprit et au succès underground. Edité chez Soleil en grand format, la couverture est assez bien trouvée: le personnage principal étant un Caïman, l'éditeur a choisi de publier une couverture en relief façon "peau de reptile". Belle idée à saluer.

Autre point positif, les deux premiers volumes sont actuellement - et depuis le début de l'été - en vente pour le prix d'un. 
Alors que se cache-t-il derrière ces petits arguments commerciaux? Lorsque l'on ouvre le manga, on découvre des dessins très sombres et une impression de très mauvaise qualité. Quel dommage de n'avoir pas su tenir la qualité jusque dans l'encrage des dessins! La plupart des pages sont imprimées floues. On a donc du mal à distinguer certains traits du fait de l'obscurité ambiante du manga. On devine pourtant la finesse du coup de crayon de l'auteur mais on ne peut pas l'apprécier. Mais il paraît que ce problème n'existe que pour les deux premiers tomes...


Si du point de vue de la forme, il est difficile de ne pas émettre un mauvais jugement (dans tous les sens du terme), on peut se rattacher à l'histoire et sa mise en scène pour se donner un avis.
L'histoire n'est pas franchement développée durant ces premiers tomes mais l'auteur nous plonge dans un univers étrange et loufoque qui n'est pas pour déplaire. Beaucoup de créativité et d'imagination qui fait plaisir. Cependant, il n'y a pas de réel intérêt à suivre l'histoire qui manque de piment et de suspens. On suit les personnages au gré des courants sans savoir où l'auteur veut nous mener.... Un petit problème de mise en scène qui empêche le lecteur d'accrocher.

Ce qui fait franchement la différence, c'est cette atmosphère sombre et décalée. Beaucoup d'humour de toutes les couleurs (notamment noir). Mais surtout décalé. A part ça, il est difficile de se prononcer au bout des deux tomes tant l'histoire n'est presque pas amorcée et l'édition est mauvaise (retire tout l'intérêt des dessins).
Pire, on n'a pas vraiment envie d'en savoir plus au sortir de la lecture... Je ne pense pas faire l'effort d'acquérir la suite de cette série, forte onéreuse (près de 10 euros le tome).

P.S. : A noter que le rythme de publication frôle le record de longueur avec parfois plusieurs années (jusqu'à deux ans) entre deux tomes en France (merci Soleil). On compte aujourd'hui 6 tomes parus en France contre 11 au Japon.

E.

11/12/2008

Le Champ de l'arc-en-ciel

Publié par E. |


Après le cultissime Solanin, Inio Asano poursuit son Oeuvre poético-dramatique dans Le Champ de l'arc-en-ciel. Pour avoir lu chacun de ses mangas publiés en France (Un monde formidable, le Quartier de la lumière et les deux derniers déjà cités), je pense pouvoir affirmer que ce dernier opus est le plus sombre (en témoigne la couverture), mais aussi le plus compliqué.

Le style graphique, tout d'abord, est d'une rigueur, d'une perfection, d'une beauté, d'une régularité (...) à couper le souffle. Mais dès lors que vous lisez Inio , vous pouvez le prendre comme acquis. Je m'entête à dire qu'il est sans doute un des plus brillants dessinateurs au monde.
Profitons néanmoins de l'aspect formel du manga en émettant immédiatement un petit bémol: l'édition. Panini Comics a sauté sur l'occasion de la reconnaissance d'un nouveau talent (qu'il découvre rarement à l'image de N.Urusawa) pour dégager une bonne marge sur l'oeuvre. D'aspect extérieur correct avec une édition de grand format, l'impression se révèle être de moindre qualité (rien à voir avec les éditions Made In). Cette dernière est en effet réalisée sur du papier très fin, rugueux au touché comme mal recyclé. On regrette donc que l'éditeur ne quitte jamais ses directives des yeux: du profit, du profit, encore du profit (et donc limiter les coûts d'édition)...


Attachons-nous maintenant au fond du scénario. Celui-ci apparaît au fil de la lecture très opaque et complexe. Mais toujours emprunt de poésie qui allège cette grosse machine qu'est le scénario.

L'histoire est particulièrement violente. Mais ce n'est pas ce qui fait l'essentiel de la "machine". Inio Asano a souhaité s'essayer à l'art des sauts dans le temps. Tantôt dans le futur, tantôt dans le passé, il suit plusieurs personnages sur plusieurs années de façon anarchique. Le lecteur se perd souvent ne sachant plus qui est qui ; qui et quand. Ce qui est un véritable obstacle à la bonne compréhension du scénario.
Malgré un découpage plutôt déroutant, on comprend juste ce qu'il faut pour savourer ce nouveau venu de la planète Inio Asano. Décidément à part, l'auteur pourrait désemparer plus que jamais avec cette dernière oeuvre assez complexe.
De quoi inviter à des relectures intenses ouvrant d'autres portes de cet univers qui parfois (et c'est le cas ici) nous échappe.
En bref, Le champ de l'Arc-en-ciel est un manga aussi scotchant que violent. Difficilement appréhendable. Vous n'en ressortirez pas indemne!
E.

11/03/2008

Undercurrent

Publié par E. |


Undercurrent est un manga publié aux éditions de luxe Made In. Assez imposant pour ne pas dire "gros", ce one shot est plutôt alléchant en librairie. Certes le packaging - couverture incluse - est très réussi, mais vous pouvez aussi lire une banderole de bas de page citant Jiro Taniguchi (notamment auteur de Quartier lointain) Grand Maître du Manga intimiste:


"S'il y a un manga à lire actuellement, c'est celui-là! J'ai été à nouveau surpris par le talent de mise en scène de Tetsuya Toyoda et par la qualité de son récit, comme lors de la lecture de son histoire lauréate du prix Afternoon. Tetsuya Toyoda réveille calmement ce petit quelque chose qui sommeille en nous et que l'on recherche."

De quoi être totalement convaincu par l'argument! Taniguchi n'aurait jamais fait ça pour servir une cause commerciale, lui qui vit comme un reclus dans sa campagne japonnaise... C'est en tous cas ce que je pensais avant de lire le fameux manga.

Après cela, on se précipite (ou pas) sur le synopsis et on peut y lire:
"Une femme dont le mari a disparu, qui a du mal à faire trouner son entreprise de bains publics et ne sait plus où elle en est. Un homme qui la soutient discrètement, sans rien dire, alors qu'elle a finalement rouvert les portes de son établissement. Dans l'ordinaire du quotidien, le tragique croise le comique, les gens se rencontrent, se séparent, un sentiment de plénitude et de perte profonde règne."




L'histoire n'a pas franchement de quoi nous faire perdre haleine mais ce n'est pas là le plus important. On le sait, certains savent faire des chefs d'oeuvres à partir de rien, à l'instar de Taniguchi. C'est peut-être d'ailleurs pour cela qu'il s'est reconnu dans ces pages. Une histoire sans artifice, des dessins presque calqués sur son style... bref, une ambiance très Taniguchi.
Il a sans doute dû être flatté par tant de références, je ne l'explique pas autrement.

Le vrai problème avec ce scénario, c'est qu'il ne va nul part et ne mène donc pas plus loin. Je n'ai pas été touché du début à la fin. Il y a une sorte de vide intense tout au long de l'histoire et cela nous empêche de prendre plaisir. Pourtant, la lecture est assez rapide mais là encore, cela peut s'expliquer par l'absence de dialogue très fréquente.

Je suis sorti de ma lecture sans trop savoir quoi en penser. Peut être qu'une deuxième lecture me ferait apprécier l'oeuvre différemment? Je ne sais pas si je n'étais pas disposé à lire un tel manga ou s'il est vraiment mauvais...

Toujours est-il qu'Undercurrent, c'est un manga à la Taniguchi sans Taniguchi et c'est bien dommage.


E.

10/17/2008

Ergo Proxy

Publié par E. |


Série animée de renom, Ergo Proxy a été réalisé par le studio Manglobe (Samurai Champloo), dirigé par Shukô Murase (Witch Hunter Robin) et scénarisé par Dai Satô (Samurai Champloo, Eureka seven, Cowboy Beebop, Ghost in the Shell : Stand Alone Complex).

Du beau monde qui a eu l'ambition de mêler images de synthèses à la pelle et dessins traditionnels en 2D (mais toujours par le biais de l'informatique... elle est loin l'époque du dernier des derniers, j'ai nommé Jin roh). Un pari toujours risqué, applaudi par la presse (Animeland) comme "une réussite frolant la perfection".

Pour ma part je serai beaucoup moins élogieux. On avait vu la prouesse visuelle de Last Exile qui avait utilisé les mêmes procédés, il y a quelques années déjà. Un succès qui le plaça loin devant ses congénères actuels. Dans Ergo Proxy, au contraire, les effets numériques se marient assez mal à l'environnement vide de l'animé. On remarque la moindre incrustation 3D...



Mais avant d'aborder plus franchement ce qui gêne dans la mise en forme de l'animé, il semble bon de revenir sur quelques points de l'histoire. Pour vous donner un idée de l'oeuvre, Ergo Proxy s'inscrit dans un style post-apocalyptique, comme souvent en matière de science-fiction. Fantasme ou délire des amateurs du genre "rêvant" souvent de la fin du monde...

Dans ce futur qui ne ressemble en rien à ce que nous connaissons, robots (autoreivs) et humains (pour ce qu'ils ont d'humain...) vivent en cohésion enfermés dans des villes-dômes, protégés de l'extérieur et des virus qui guettent... Et au sein de cette communauté vivent les Proxy, étranges créatures objets de toutes les craintes et fascinations...

Pour les fans du genre, l'idée que le scénario plaise ne me surprend pas. Je ne fais cependant pas partie de ces inconditionnels. J'ai eu un peu trop l'impression de visionner le résultat d'un patchwork hasardeux, à la croisée de Matrix et Alien (avec une pincée de Deep Impact mais ce serait exégerer d'en dire plus!)...

Quant à la mise en scène, le spectateur est noyé dans un univers qu'il ne connait pas. Ce qui n'est pas une mauvaise chose en soi. Mais lorsque cela dure du début à la fin, il devient difficile de se contenter d'explications aussi brèves que floues. J'avoue ne pas avoir tout compris. Là encore, cette impression est parfois agréable car elle nous laisse insatisfait et nous pousse à la réflexion. Mais ici, je n'ai pas compris et je ne veux pas même essayer. Comme une impression d'avoir perdu mon temps.

Revenons encore quelques instants sur la forme. Vous savez maintenant comme j'ai trouvé le scénario fouilli et pas vraiment intelligible. Les supports et techniques utilisés sont, quant à eux, à discuter, on l'a vu.

Soulignons cette fois le paysage et le chara-design comme on aime l'appeler. En tant qu'oeuvre post-apocalyptique, les paysages sont forcément pauvres. On regrette de devoir le déplorer mais cet élément n'a pas été combattu avec autant de force qu'il aurait fallu. Plus gros échec de la série selon moi. Aucun détail n'est dessiné dans le décor, tout est vide.... Gros échec et grave erreur d'avoir voulu combler ce vide par l'absence de coloration (on ne comble pas un vide par un autre!). On joue - pour ce qui est des décors - sur une palette de couleurs aussi fades que sombres.


Au final, on a des personnages plantés dans un décor inexistant. Que des personnages, rien que des personnages. Mais pas seulement. S'ils sont tous convenablement dessinés, on ne peut pas toujours l'apprécier. Vétus, pour la plupart, d'habits très noirs (proche du style gothique) dans un décor sombre... Vous devinerez qu'il est très difficile de s'y retrouver... Ce noir-sur-noir gache tout. On n'aperçoit parfois que les yeux, seules lueurs de l'animé! Impossible, même, de suivre les rares (trop rares) scènes d'actions sans perdre de vue un personnage disparu dans ce néant... Vraiment dommage. Je me suis trouvé plus d'une fois enragé de voir le jour passer dans mon appartement, m'obligeant à contempler mon reflet dans mon écran... Le son mais mon image... De quoi s'énerver!

Pour finir, Ergo Proxy n'a rien d'une série parfaite et cumule les GROS défauts. Mais pour les amateurs du genre, pour ceux qui aiment tout ce qui est sombre et post-apocalyptique, commencez par vous plonger dans le noir total pour y voir quelque chose (quel paradoxe!)...
E.

Premier épisode en VOSTA:

10/06/2008

Stranger Mukô Hadan

Publié par Comarin |



Stranger Mukô Hadan est un long métrage sorti tout droit des studios Bones (Darker than Black, Wolf's Rain, Cowboy Bebop le film...) en 2007. Réalisé par Masahiro Ando et charadesigné par Saito Tsunenori.

L'histoire: Alors qu'ils sont vilement pourchassés pour une raison que l'on ignore encore, le jeune Kotâro et son fidèle et non moins féroce Tobimaru vont croiser la route de Nanashi. Ce ronin nonchalant s'avère être un bretteur hors pair mais traumatisé par les multiples combats auxquels il a pris part lors des guerres civiles qui dévastent la région... La rencontre se fait donc, un pacte est passé entre les deux compères qui vont vite être pourchassés par des psychopathes venus de l'empire du milieu. L'histoire n'est probablement qu'une excuse à ce film, sans être franchement renversant, le scenario impose un rythme suffisant pour nous tenir en haleine pendant 103 minutes et c'est tout ce qu'on lui demande.

La réalisation: Les studios Bones n'en sont pas à leur première réalisation et ça se sent. Les scènes de fight qui ponctuent le film sont vraiment bien maitrisées, tant au niveau du rythme, qu'au niveau des choregraphies ou de l'animation, c'est l'éxperience qui parle ici. Le charadesign est agréable, là encore rien de bien nouveau, mais il est propre sans être bâclé. Un ptit point tout de même sur le niveau général de l'animation, bien que les combats soient léchés, les autres scènes sont parfois moins travaillées ce qui déséquilibre un poil l'ensemble.

La musique: la bande son signée Sato Naoki colle tout à fait à l'ambiance et l'époque du film, un ptit thème lyrique sympa et hop le tour est joué.

Mon avis général: sans révolutionner le genre, cet animé fait passé un bon moment, c'est une mécanique bien huilée que nous déroule Bones, je n'en suis certes pas ressorti transcendé mais je me suis laissé porté pendant 1 heure 40 et j'en demandé pas plus. Un bon moment donc que je vous conseille si vous n'avez pas envie de vous prendre la tête ! Un détail qui peut avoir son importance, non encore sortie en DVD (le sera-t-il un jour) il est disponible chez toutes les bonnes teams de fansub (ou chez anime-ultime)

Comarin









9/15/2008

Eater

Publié par E. |


Eater... Ou comment se faire avoir par une couverture tape-à-l'oeil et accrocheuse et une communication attrayante de la part de Glénat.
Grand fan d'histoires de vampires, lorsque j'aperçois dans l'un des derniers Berserk un petit flyer avec cette jolie couverture présentant des monstres me faisant beaucoup penser aux chiropterans de Blood accompagnée de cette accroche alléchante : "Ils débarquent, et ils sont affamés (série en 4 volumes)", mon sang ne fait qu'un tour et je cours me le procurer sans même jeter un coup d'oeil à l'intérieur. Grossière erreur !

Première déception : les "méchants" de l'histoire n'ont absolument rien à voir avec des vampires, il s'agit en fait d'une sorte de parasite extra-terrestre se nourissant de l'énergie vitale de la planète (sic). Ceux-ci viennent sur terre pour féconder des humaines et ainsi donner naissance à des hybrides mi-humains mi-monstres pouvant changer d'apparence à tout moment, dans le but de dévorer le plus de proies humaines possibles.

Deuxième déception : le scénario ultra-convenu. Sans spoiler outrageusement (ce qui ne vous ferait pas rater grand chose chers lecteurs du Dojo), la trame principale est la suivante : une écolière orpheline ayant des dons de medium se retrouve par hasard au milieu d'une bataille entre deux des monstres cités précédemment. Ceux-ci se révèlent être un père (Kuromaru) et son fils (Benimaru). A la naissance de Benimaru, la mère de ce dernier a réussi grâce à un exorcisme à extraire l'esprit maléfique incitant les créatures à dévorer des humains. Malheureusement, Kuromaru s'en est aperçu et a tué la mère. Depuis, Benimaru a juré de tuer son père et tous ses semblables. SU-PER...

Troisième déception : la réalisation ! Les dessins font ultra-vieillots, j'avais l'impression de lire 3x3 Eyes !!! Après quelques recherches, il se trouve que cette "oeuvre" date de 1991, mais quand bien même, ce manga a très très mal vieilli. De plus, le découpage ne le met pas du tout en valeur.

Vous l'aurez compris, cela faisait bien longtemps qu'un manga ne m'avait pas autant déçu. Chers amis du Dojo, passez votre chemin sans regrets !
Bes

9/15/2008

Romance Killer Vol. 2

Publié par E. |


Suite et fin d'une romance assassine imaginée par Doha, ce second opus ferme la marche d'un scénario au combien improbable. Si les couvertures respectives des deux volumes ont leurs couleurs inversées, ce n'est en effet pas dû au hasard.

A la manière d'un miroir, c'est bien la même histoire qui vous est contée (sa poursuite, du moins). Mais alors que vous pensiez vos repères établis, il va vous falloir tout remettre en question. Ce que vous pensiez être à droite se révèle être à gauche... et la cause s'en trouve inversée. Vous n'aurez pas le temps de changer votre fusil d'épaule avant d'être totalement désarmé. La déroute est brutale, certes, mais l'effet est souhaité.

Un volte-face à l'effet d'une claque, qui laisse des rougeurs, des remords... ou de l'indignation. Un peu de "trop" mais on en veut encore. Quelques malaises pour le lecteur ou maladresses d'un auteur. Ce qui est sûr, c'est que Doha frappe encore. Loin de nous être indifférent.

Les événements de ce second volet peuvent surprendre -ils surprennent soyez en sûr - ils n'en restent pas moins critiquables. Si les sujets abordés et mis en avant par Doha sont délicats ou même controversés,ils sont parfois "faciles", comme une main tendue à qui veut la prendre (ou à qui cherche à se faire remarquer dans les kiosques). Et Doha s'est risqué à l'exercice de la promenade. Chose à la portée de tous (qui laisse un petit côté cliché à la tournure des événements)


Mais c'est dans l'accomplissement de sa tâche que le coréen a su se démarquer. La force et l'originalité de son oeuvre ne résident définitivement pas dans les bas fonds de l'humanité (qu'il a un peu trop exploités) mais dans la façon de les explorer. Cette technique de mise en scène est simplement subjuguante (et la simplicité est complexifiante comme on s'accorde à le dire).


Plus que le scénario, donc, c'est bien le découpage, les dessins et la coloration qui font l'arme toute puissante de Doha. Cependant, il convient de ne pas mépriser la qualité de cette fable (à noter qu'on parlera de qualité et non de grandeur pour ne pas jouer les affabulateurs). Le retournement de situation est très bien maîtrisé et redoutablement efficace. Et les quelques 400 pages seront avalées en moins de temps qu'il n'en faut pour écrire cette chronique (croyez-moi!).


Dans la globalité de l'oeuvre, les exigences de l'auteur ont été placées très haut et le cahier des charges semble avoir été respecté. J'ajoute que s'il a parfois fait preuve d'une commune originalité, il reste un grand scénariste et auteur avant-gardiste. Lorsque cela est fait dans la finesse et la sensibilité, solacier humblement la condition humaine à travers une oeuvre peut procurer des sensations bien plus intenses et véritables que n'importe quelle oeuvre pessimiste. Ma préférence penche ainsi inévitablement du côté du premier volume nettement plus optimiste voire utopiste et même fleur bleue... Mais beaucoup préféreront le second, plus noir mais moins authentique.


Quoiqu'il en soit, si vous aviez misé sur lui, le pari est gagné. Pour les autres, faîtes vos jeux!


E.

9/15/2008

Quartier lointain

Publié par E. |


Adulé par l'hexagone, Jirô Taniguchi est de ces rares auteurs à qui l'on doit l'expansion du Manga en France (premier consommateur de mangas dans le monde derrière le Japon, faut-il le rappeler). Véritable pionnier, et pourtant boudé par ses compatriotes, c'est avec Quartier lointain qu'il marqua définitivement les esprits... et le jury d'Angoulême (prix du meilleur scénario). Quelles sont donc les raisons de ce succès? Quelle est l'histoire de cet homme? Eléments de réponses en images:


Jirô Taniguchi est donc un ours qui ne sort jamais de sa tanière. Et ses oeuvres le laissent deviner. Il y développe un climat intimiste et des aventures réalistes (presque réelles tant elles sont fortes) où l'introspection est maître. On ressent comme un besoin d'instaurer une relation de confiance avec le lecteur. C'est aussi en cela que l'on reconnait un Taniguchi.


Quartier lointain obéit à ces codes. Une profondeur qui n'allourdit jamais le scénario, un sens du vrai appuyé par des dessins à la finesse légendaire (proche du style occidental, d'ailleurs). Tous les ingrédients Taniguchi sont là, et la magie opère. Hypnotisé, l'identification est totale. Nous sommes "lui". Nous vivons l'aventure.

Un scénario remarquable et des dessins toujours aussi accomplis, Taniguchi est au sommet de son art avec cette oeuvre majeure de son histoire, si ce n'est de l'Histoire du neuvième art.
E.

9/15/2008

Homunculus

Publié par E. |




Il aurait pu s'agir d'un croisement entre un cumulus et un stratus, ou d'une nouvelle variété de plante, non cet homunculus la est un manga. Plutot intriguant comme titre de série d'autant plus quand on le superpose au nom de l'auteur : Yamamoto Hideo ! Assez tordu le personnage puisqu'il est tout de même à l'origine de Itchi l'assassin, manga très controversé pour son extrême violence et sa cruauté. Dirigé au cinéma par Takashi Miike (Itchi the Killer), défrayant la chronique lors de sa sortie en salles et désigné comme cultissime par un petit groupe de fanatiques lessivés du veaucer !


Aujourd'hui Yamamoto nous livre les visions psychanalatiquo-post-traumatiques de Nakoshi, apparues suite à une trépanation. Ce 6ème sens va lui permettre de voir les gens en fonction de ce qu'ils refoulent dans leur subconscient. Une sorte de matérialisation des souvenirs que tout un chacun essaie d'enfouir, masquant qui on essaie d'être et révélant ce que l'on est vraiment. Ainsi on verra déambuler un beau gosse drageur avec une tête de bite, un yakuza sous la forme d'un imposant robot qui s'avère être piloté par....


Un manga qui exploite les sillons tortureux de notre conscience, qui gravite autour des cases encore méconnues de notre subconscient, bref un manga centré sur l'homme !




L'histoire est plutot emballante et les dessins sont vraiment efficaces, avec un réalisme impressionant, les expressions du visage sont très bien retranscrites, avec un souci du détail rarement égalé du coup les persos prennent vie et s'animent devant nos petits trous ébahis.
Ca apporte un plus à la crédibilité du manga qui s'attarde justement sur les émotions humaines.





Le scénario si il se veut original retombe aussi vite qu'il nous a propulsé, du coup on tourne en rond dans une intrigue qui s'appesantit un peu trop sur la perversité, sur la place du sexe dans la psychanalyse. On assistera au viol d'une vierge, à des dégustations de sperme et autres trasheries incestueuses qui torturait notre bon vieux Freud !



Le manga est plutot cru et violent, et au final c'est ce qui dérange. Beaucoup le critiqueront parce que Yamamoto ne prétexte pas une guerre Berserkienne pour insuffler du barbarisme à sa trame et porte fièrement sur ses épaules ce qu'il exhibe à outrance. Ici on parle de l'homme violenté, perdu, victime de lui même, bourreau occasionnel, pervers, barbare, pantin de ses émotions, ce côté que l'on maitrise pas et que l'on enfouit aux tréfonds de nos entrailles.




Moi ce qui m'a gêné c'est le manque de souffle dans le déroulement du scénario, la dynamique s'épuise et la mécanique n'est plus aussi bien huilé que dans les premiers tomes. J'espère un sursaut de l'auteur pour continuer à suivre cette série avec plaisir !

En outre le manga se lit extrêmement vite (15min montre en main) du à l'absence de dialogues mais nous invite largement à la réflexion et se permet même une petite critique de la société et des pantins conditionnés qui l'animent.

On est toujours un peu seul face à soi même...



Mikado






Rangez vos katanas, vénérables disciples du dojo, promis, je ne ferais plus d'allusion à ce passage tragique du WaltDisney qui a traumatisé votre enfance...



Bambi, aujourd'hui n'est pas un faon titubant. Bambi est une ado désabusée qui d'une main traine un marmot proche de la débilité et de l'autre appuie sur la gachette de son calibre pour éloigner le chalant trop curieux. Bambi et sa dégaine de traîne savate ne fait pas de sentiment, en a t elle seulement des sentiments ? Sa mission: ramener ce morveux qu'elle traine en laisse "aux vieux", elle leur doit bien ça...



Bambi, en est à son 4ème tome paru en France (sur 6 au total), je n'ai eu entre les mains que le tome 1. Et j'avoue que j'ai vraiment bien accroché. De prime abord le manga intrigue, l'édition est soignée et très ... rose... en effet pas de noir et blanc classique ici, mais du rose et blanc qui donne une ambiance acidulé à ce manga. Le style graphique est original, très fluide presque proche de certains comics, les trais sont nets et forts. Les cadrages sont habiles, l'immersion vraiment totale si tant est que l'on accepte de se preter au jeu. Coté scenario, le premier tome fait surtout office de teaser, on a vraiment (ou j'ai vraiment) envie d'en savoir plus. L'ambiance est très rock'n'roll et colle parfaitement à ce road trip sanglant. Au cours de mes recherches sur Bambi et son géniteur Atsushi Kaneko j'ai pu lire qu'on le considérait comme le "Tarantino du Manga", gage de qualité? à vous de voir.

Quoiqu'il en soit une bonne decouverte plutot tardive car le premier tome semble être sorti des presses d'IMHO en 2006, mais savoureuse découverte si il en est. Vous trouverez quelques planches (issue du site de l'éditeur) ci dessous. A noter, une interview interessante de l'auteur sur le site d'arte.

Comarin




9/15/2008

Team Medical Dragon

Publié par E. |


Team Medical Dragon annonce sans nul doute la revanche de l'excellent "Say hello to Black Jack" (à ne pas confondre avec l'oeuvre de Tezuka Ozamu) qui s'était subitement arrêté...



La relève semble donc assurée. Moins revendicatif que son aîné, Team Medical Dragon est plus léger à la lecture (Say Hello To Black Jack était beaucoup plus sombre et pesant) sans épargner pour autant le système médical japonais (on insiste toujours sur l'aspect critique). Plus optimiste également, le premier tome nous laisse impatients de découvrir la suite.

Ponctuée par des actes chirurgicaux sympatiquement mis en scène (proche de l'esprit du jeu Trauma Center), l'histoire part sur de bonnes bases et se promet un avenir radieu.


Au japon, la série affiche déjà 17 tomes au compteur et n'a pas fini de s'arrêter. Et, bonne nouvelle, c'est Glénat qui se charge d'éditer en France... Oui, Glénat c'est peu de qualité mais des prix qui s'alignent avec les plus bas (comptez 6,50€ le tome ici).

Enfin, si le scénario paraît bien parti, les dessins sont plutôt authentiques (j'aime!) et laissent le champ de vision libre (la vue du sang et des entrailles des patients n'étant pour une fois pas éludée). Chose que l'on ne retrouvera pas ailleurs.

Plaisant pour plaisant, on peut espérer que Team Medical Dragon rencontre le succès qu'il mérite en France comme ce fut le cas au Japon.



E.

9/15/2008

Catsby

Publié par E. |



La sortie du cinquième tome de Catsby (sur six prévus) a été l'évènement de la bd coréenne de ces derniers jours. Peu connu du grand public, le manhwa a su néanmoins faire sa (petite) place dans un marché du 9e art saturé. L'auteur de Catsby, DOHA, y est sans doute pour beaucoup avec l'immense succès de Catsby en Corée qui lui a permis de faire parler de lui à l'international.

Rappelez-vous il y a quelques mois, lorsque Romance Killer, du même auteur, était publié en France. Un feu d'artifice de génie pourtant passé à peu près inaperçu...
On retrouve toutes les qualités de Doha dans Catsby à quelques différences près.
D'abord, les dessins sont moins éblouissants que dans Romance Killer, mais il n'en sont pas moins très agréables.Quant au scénario, il est plus axé sur la jeunesse. Le passage à l'âge adulte. L'heure des prises de responsabilité... et des petits dérapages... Un mélange d'insouciance et de désillusions. Un brin pessimiste.
Un scénario pas vraiment déplaisant, mais un petit manque d'originalité quand même. La jeunesse, tout le monde connait...

Mais la mise en scène, elle, est toujours aussi subliminale. Les expressions utilisées f
ont passer beaucoup de choses et on est immédiatement touché. Comme à son habitude, Doha aime l'humour et en joue très finement.
Conclusion? Une oeuvre très plaisante aux qualités incontestables (voir l'article de Romance Killer sur ce point commun) et une belle édition pour mettre tout le monde d'accord.
Seul bémol, le prix prohibitif (près de 14€).... Comme souvent en matière de belles éditions...
E.






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